Cinquième partie
- Bill... Le brun tourna la tête vers Tom en souriant. Un certain Thomas voudrait te voir, je le laisse entrer ?
Les yeux de Bill s'écarquillèrent sous la surprise.
- Oh. Euh... ouais. Ouais vas-y.
Il se redressa un peu sur le matelas et vit son oncle se décaler légèrement vers la gauche. Une deuxième tête blonde apparu alors dans l'encadrement de la porte et c'est timidement que l'adolescent pénétra dans la chambre.
- Salut Thomas.
- Salut...
Un voile d'étonnement traversa imperceptiblement les pupilles de l'adolescent en remarquant que Bill se souvenait de son prénom et il sourit intérieurement avant de se mettre à dévisager de manière plus minutieuse le visage de l'androgyne qui l'observait du fond de la chambre. Les bleus et les déchirures arrivèrent alors aussitôt jusqu'au creux de ses rétines et son sourire intérieur se fana instantanément. Bill s'était réellement fait passer à tabac et le visage de Thomas blêmit légèrement en imaginant le calvaire que ça avait du être pour le brun.
Il s'immobilisa lentement au milieu de la pièce, semblant soudainement ne plus savoir que faire ou quoi dire et ses longs doigts se mirent à tripoter avec malaise le bas de son tee-shirt d'un bleu pâle délavé.
Il avait été mi au courant de l'incident par un ami à lui quelques minutes plus tôt et avait cru bon de venir rendre visite à Bill afin de s'assurer qu'il n'avait besoin de rien. Seulement maintenant qu'il lui faisait face, aucunes des phrases qu'il avait minutieusement préparée ne semblaient convenir à son arrivée qu'il trouva soudainement légèrement inappropriée.
- Excuse-moi de venir comme ça, commença-t-il mal à l'aise. Je sais qu'on se connaît pas mais/ Enfin pas trop trop avant le, avec la clope et... /je... on m'a dit pour toi et j'ai... Il passa d'un geste nerveux sa main sur toute la longueur de son visage et s'approcha un peu plus du lit. Est-ce que ça va ?
Au diable les explications, le principal était de savoir si Bill allait bien.
- Ça va, répondit Bill en souriant.
Bill pouvait ressentir toute sa gêne émaner de son grand corps désarticulé et se surprit à trouver ça attendrissant. Thomas était un grand type aux épaules assez larges et à la mâchoire carrée bien que creuse, et ses paroles incertaines lui donnaient un air d'adolescent maladroit.
- C'est une amie à moi qui m'en a parlé et j'ai pensé que t'aurais besoin d'un peu de compagnie alors...
Les lèvres de Bill s'étirèrent de nouveau en un sourire sincère et il fit signe à Thomas de venir s'asseoir sur le bord du lit. Ce que le blond fit rapidement et sans rechigner.
Bill était étonné, certes, de voir ce –presque- parfait inconnu débarquer chez lui à cette heure si tardive mais décida de ne pas cracher sur cette attention généreuse et réconfortante. Thomas avait l'air de s'être inquiété pour lui et il en était secrètement touché.
Le blond s'installa donc timidement à ses côtés et Bill se redressa complètement sur le matelas afin de pouvoir lui parler face à face. L'atmosphère était bizarrement détendue et Thomas observa une seconde fois les blessures charnelles qui entachaient le visage de Bill avant de commencer à lui parler. Il du évidemment faire un effort surhumain pour ne pas paraître timide aux yeux de celui qu'il observait secrètement du coin de l'½il depuis de longues semaines et se força à se détendre et à adopter une attitude plus décontractée.
Tom, qui était resté adossé au bois verni de la porte, observait silencieusement les deux jeunes garçons commencer à discuter et un triste sourire naquit sur ses lèvres lorsqu'il les vit se mettre à rire timidement ensemble.
Ils les trouvaient attendrissants. Ils se découvraient, s'apprivoisaient sous ses yeux et son c½ur se serra étrangement dans sa poitrine.
Ce Thomas semblait être un garçon charmant et il était heureux pour Bill...
Seulement, lorsqu'il vit les yeux du blond se poser à la dérobé sur le torse pâle de l'androgyne alors que son neveux riait de sa dernière réplique il ne pu que s'éloigner de la chambre, un n½ud dans la gorge.
~~~
Vingt minutes plus tard les deux adolescents bavardaient toujours joyeusement dans la petite pièce. Un sourire sincère ornait les lèvres éraflées de l'androgyne alors qu'il écoutait avec amusement le blond lui faire le récit de sa lutte acharnée pour trouver son domicile et il laissa un rire franc résonner dans la petite chambre aux senteurs de pommade et de désinfectant. Thomas semblait de moins en moins timide au fil des minutes et Bill se surprit à apprécier ce début d'assurance qui lui révélait les véritables aspects de sa personnalité.
- Bon et bien je crois que je vais te laisser... chuchota-t-il en se redressant doucement.
- Ouais... Bill semblait un peu déçu mais ne rajouta rien. La présence de Thomas était vraiment très agréable mais il ne pouvait pas s'empêcher de penser que le blond avait interrompu un moment rare et précieux entre lui et Tom quelques minutes plus tôt.
J'te remercie d'être passé prendre de mes nouvelles en tout cas.- Y a pas de quoi franchement, continua-t-il en souriant.
Ça m'a fait plaisir.Bill lui rendit son sourire et tenta de se relever afin de le raccompagner jusqu'à la porte.
-
Hep hep hep ! Tu vas où comme ça ? Rallonge-toi, tu vas te faire mal !
- Oui mais je voulais/
- T'inquiète, je connais la sortie et puis au pire des cas j'demanderais à ton oncle.Il ne laissa pas le temps à Bill de répliquer et se pencha vivement sur lui pour lui embrasser rapidement la joue.
-
A bientôt au lycée ! Et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire il disparu à toute vitesse dans le couloir, souriant niaisement en sentant ses joues s'empourprer. Bill resta stupéfait sur son lit, un peu prit au dépourvu devant le départ précipité de son nouvel ami. Puis un sourire amusé étira tout doucement ses lèvres. Le comportement du blond était touchant...
De son côté Tom aperçu vaguement l'adolescent traverser le salon en trottinant et n'eut malheureusement pas le temps de l'intercepter avant que celui-ci sorte du pavillon. Il se laissa donc retomber mollement dans les bras du canapé et souffla de frustration dans sa barde inexistante. Il se sentait nauséeux. Il aurait voulu dire deux mots à ce garçon afin de s'assurer qu'il ne nuirait en aucune façon à son neveu si fragile. Bill n'était pas un garçon naïf certes, mais Tom ne pouvait s'empêcher de penser que s'il lui arrivait de nouveau le moindre problème, il irait faire la peau au responsable. Il s'en voulait déjà énormément d'avoir forcé Bill à rentrer en contact avec d'autres jeunes de son âge et se considérait entièrement responsable de son passage à tabac. Il lui avait dit. Il lui avait clairement dit que les ados lui ouvriraient tous les bras s'il faisait quelques efforts pour se sociabiliser et au final, Bill avait l'arcade arraché, le dos maculé de bleus et il était le plus gros naïf que la planète ait jamais porté.
Et puis il essayait aussi d'occulter le fait qu'avoir aperçut cet inconnu observer son neveu torse nu lui ébouriffait la crinière d'une manière des plus agaçantes. Il ne se sentait pas jaloux ou envieux de l'amitié qui germait doucement entre les deux adolescents -ça aurait été ridicule et inapproprié-, mais ne pouvait s'empêcher de penser que son neveu était incontestablement trop bien pour ce blond aux allures de surfeur Australien. Bill était une personne à part, le genre de garçon qui se détache du reste des adolescents par la singularité de ses manières ou l'authenticité de ses sourires, et Tom était persuadé qu'il méritait le plus fantastique des petits copains. Car Tom n'était bien évidemment pas aveugle quant aux intentions de Thomas et des besoins de Bill. Ces deux là allaient finir par se mettre ensemble et il essayait de s'en accoutumer en silence le plus rapidement possible.
Un raclement de gorge lui fit doucement relever les yeux et il vit la silhouette de l'androgyne se découper à contre-jour dans l'embrasure de la porte.
- J'peux rester avec toi ?Tom sentit son c½ur se serrer en l'apercevant dans un tee-shirt trois fois trop grand pour lui et éprouva un nouvel excès de culpabilité en observant son visage écorché le scruter avec des yeux timides et hésitants.
- Bien sur, viens...Il se décala légèrement vers la gauche et laissa Bill s'asseoir à ses côtés. Son regard contrarié se posa alors immédiatement sur les blessures charnelles qui entachaient son doux visage et il fut incapable de se retenir de le prendre délicatement entre ses doigts pour l'observer sous toutes les coutures, à la recherche de la moindre plaie mal désinfectée, du moindre bleu dénué de pommade.
Bill laissa un rire muet et gêné s'échapper d'entre ses lèvres et écarta lentement les mains de son oncle de son visage. Les yeux de Tom posés sur lui avec autant d'insistance le rendaient mal à l'aise et il lui sourit gentiment avant de chuchoter.
- Arrête de te faire du souci, ça va mieux. Promis.Les mains calleuses de Tom s'éloignèrent alors de ses joues et Bill sentit son c½ur se remettre tout doucement en marche. La présence de son oncle le mettait toujours dans des états affligeants voir ridicules et il du faire un effort surhumain pour ne pas focaliser toute son attention sur le corps éveillé et chaud à côté de lui. Il se surprenait parfois à réagir comme si Tom était un de ses camarades de classe dont il pourrait avoir le béguin, et il devait à chaque fois se retenir de faire des choses complètement stupides qui lui traversaient la tête. Comme se mettre à califourchon sur ses genoux et se frotter contre lui ou prendre sa main calleuse et la diriger vers son entre jambe brulante. Oui. Stupide. Seulement il pouvait encore sentir le regard coupable et inquiet du blond poser sur lui et du se racler une nouvelle fois la gorge pour le sortir de sa contemplation.
Tom détourna immédiatement les yeux de ses bleus et planta son regard dans le sien.
- T'aurais pas du descendre les escaliers tout seul, murmura-t-il alors avec douceur mais fermeté.
Apelle moi la prochaine fois ok ?
- Ok.Le souffle de Tom brisa une nouvelle fois le silence qui venait de s'installer dans la pièce et Bill baissa les yeux vers ses chaussettes. Il ne savait pas quoi faire. Il ne savait pas quoi dire. Tom et son odeur musquée envahissait la moindre de ses pensées et il était tout simplement incapable d'amorcer la plus infime conversation. Il savait que s'il ouvrait la bouche, d'horribles stupidités risqueraient d'en sortir et ruiner à vie sa proximité avec Tom. Alors il fit la seule chose que sa raison lui autorisait. Il se tue. Et le silence persista longtemps avant que Tom ne daigne le briser.
- Alors ? lança-t-il après une longue minute de silence.
Comment il est ce Thomas ?Bill s'empêcha de fermer les yeux de soulagement et se contenta de remercier intérieurement son oncle d'avoir prit la parole.
- Oh ba... Il est sympa. Drôle aussi, répondit-il sans pour autant lever les yeux vers son oncle.
-
Et il a un beau p'tit cul.Bill pouffa et tourna la tête vers Tom, les yeux rieurs au souvenir de ses propres paroles.
- C'est vrai aussi. Il secoua la tête en souriant.
Mais ça c'est pas sensé être la remarque d'un oncle normal tu sais ?
- Donc j'en conclu que j'suis bizarre ? s'offusqua faussement le dreadé.
- Nan, t'es juste... différent de c'que je m'imaginais il y a encore quelques jours.
- C'est-à-dire ?
- Ba... J'sais pas moi. T'es juste moins mature qu'un autre et c'est rassurant. Enfin j'pense...Tom sourit et se leva du canapé.
- Et ça t'dirais de regarder la télé en compagnie d'un oncle bizarre et immature?Bill opina du chef en souriant.
- Et tu veux regarder quoi ?
- J'sais pas je/.. Oh attends ! Bill se leva tout doucement du canapé, manquant le voile de culpabilité passer dans les yeux de son oncle et se dirigea à grand pas vers l'armoire du salon.
- J'crois que papa à garder des cassettes vidéos de quand j'étais p'tit et p't'être que... Il se hissa sur la pointe des pieds et agrippa un gros carton aux surfaces ternis et gondolées.
P't'être qu'on te verra dessus nan ?
- Tu les as jamais visionnés ?
- Nan. A vrai dire j'y ai jamais vraiment pensé avant aujourd'hui.Fier de sa trouvaille, Bill posa le carton sur la table basse et Tom en écarta les pans après s'être assis en tailleur par terre.
- « Anniversaire de mariage », « Paëla », « Vacances 98 »... Laquelle on prend ?Tom lisait les titres pensivement, imaginant la quantité de souvenirs que devaient contenir chaque vidéo et se tourna doucement vers Bill qui souriait comme un enfant ayant déterré un trésor.
- Alors ?
- « 1989-1994 », tu devrais surement apparaitre à un moment, nan ?Il releva les yeux vers son oncle.
- Assied toi j'vais la mettre.Bill gloussa d'excitation et se pelotonna rapidement au fond du canapé, agrippant le plus moelleux des oreillers pour le poser sur ses jambes. Il observa Tom insérer la cassette, se relever puis éteindre les lumières avant de le rejoindre sur le sofa.
- Tu veux quelque chose à manger ? lui demanda-t-il avant d'empoigner la télécommande.
- Nan on commandera une pizza tout à l'heure... Vas-y allume.Tom rit doucement de l'impatience du brun et appuya sur play. Des milliers de particules grises apparurent alors sur l'écran et quelques secondes plus tard le visage rouge et joufflu d'un bébé se présentait à leurs yeux.
Et Bill se ratatina immédiatement sur lui-même.
- Oh mon Dieu...Tom rit et lui ébouriffa les cheveux.
- Dis pas ça, t'étais super mignon.Le c½ur de Bill loupa un battement et il tourna brusquement la tête vers son oncle qui fixait l'écran avec sourire.
Super mignon. Bill sentit son ventre se liquéfier et se força à détourner les yeux de l'homme qui tourmentait inconsciemment son c½ur d'adolescent. Cette séance vidéo risquait d'être forte en émotions. Et elle le fût.
Chaque fois que le visage de Bill dans ses premiers jours apparaissait sur l'écran l'androgyne pouvait entendre les ricanements moqueurs de son oncle alors que lui-même ne pouvait s'empêcher de faire des remarques outrées sur ses joues énormes et son ventre gonflé. Il n'avait jamais pensé être un
gros bébé. Les minutes s'écoulèrent donc avec pour fond sonore de douces musiques nostalgiques que son père avait insérer sur la bande son et Bill se félicita mentalement d'avoir eu cette merveilleuse idée. Revoir ses parents aussi jeunes et beaux le faisait sourire comme un bienheureux.
Puis soudain une voix encore inconnue s'éleva des enceintes et Bill pu apercevoir que la date d'enregistrement venait de changer.
Nov 1989 14 :06. La caméra fit un zoom sur ce qui semblait être un vieux canapé clic-clac datant des années 80 et lorsque l'image fut redevenue clair deux paires d'yeux s'écarquillèrent alors que le visage enfantin de Tom apparaissait sur l'écran.
- Tiens-lui mieux la tête Tom...
- Quoi ?
- Met bien sa nuque contre ton bras.
- Oh...A l'écran un petit Tom d'à peine onze ans habillé d'un mini short bleu ciel et de deux petites sandalettes fixait avec attention et émerveillement le bébé qui dormait dans ses bras. Son petit corps de pré adolescent semblait se perdre dans l'immensité du canapé vide et Bill fut surprit de l'attention avec laquelle il observait silencieusement son « lui miniature.»
- Waou... j'me souvenais pas de ça, chuchota Tom à côté de lui, un sourire attendrit collé aux lèvres.
Le Tom de la vidéo ne semblait pas bouger d'un pouce par peur de le réveiller et la silhouette emmitouflée semblait presque disproportionné par rapport aux frêles bras du petit blond qui l'entouraient.
- Il est un peu lourd... murmura-t-il dans un sourire gêné en sentant surement son bras s'engourdir.Le rire de Simone retentit dans la pièce et ils la virent s'avancer doucement vers le garçon pour repositionner Bill dans ses bras. Puis elle pinça affectueusement la joue du petit blond et disparu du cadre. De toutes petites dreadlocks pendaient autour de son visage rond et son regard d'enfant était résolument fixé sur le petit bout de chair rose enroulé dans la couverture.
- Tu m'bouffais des yeux... chuchota inconsciemment Bill, le sourire aux lèvres.
Puis il se rendit soudainement compte qu'il avait parlé à voix haute et se retourna rapidement vers Tom qui ne semblait heureusement pas l'avoir remarquer. Ses yeux étaient comme collés à la télévision et il hocha simplement la tête. Bill ne sut pas comment interpréter ce regard songeur et décida de reporter son attention sur l'écran.
- Il est beau, murmura le petit dreadé avant de relever la tête vers la caméra en souriant de toutes ses dents blanches.Tom rit en se voyant si attendrissant et tourna la tête vers son neveu qui n'osait pas faire le moindre mouvement mais dont les joues rosissaient dans le noir. Puis l'image se brouilla peu à peu pour laisser place à une autre vidéo et la date d'enregistrement avança de trois années.
Juil 1993 11 :40. La pièce sombre au canapé défoncé laissa place à une immense étendue d'herbe verte et Bill reconnu immédiatement son jardin. La personne tenant la caméra s'avança alors à pas feutrés jusqu'à une petite tente d'enfant multicolore montée près du cerisier et quelques chuchotements parvinrent jusqu'à la caméra.
- Mais les mange pas tout de suite ! Attend qu'je finisse...
- Oui mais c'est bon.
- Ba y a intérêt qu'ce soit bon, elles m'ont couté la peau du cul.
- Hannn t'as dis cul !
- Il est où l'autre paquet ?
- Cul cul cul...
- Bill !Le doigt du caméraman tira silencieusement sur l'ouverture en tissus et deux silhouettes apparurent à l'écran. Tom et Bill pouffèrent simultanément en se voyant. Le Tom de la vidéo semblait avoir dans les environs de quatorze ans et s'évertuait apparemment à enfoncer des fraises tagada sur chaque doigt que le petit Bill assis à ses côtés lui tendait.
- Tu dois pas répété ça d'accord ?
- Pourquoi ?
- Parce que.
- Paceque quoi ?
- Parce que ton père va encore m'engueuler de t'apprendre des gros mots et j'veux pas qu'il me pique encore ma game boy. - Oh mon Dieu j'me souviens de ce jour là ! s'exclama Tom en riant.
J'étais venu dormir une semaine chez vous et Gordon m'avait empêché de jouer durant presque toute la semaine !Un sourire amusé étira les lèvres de Bill et il observa avec tendresse son oncle se redresser sur le canapé en riant.
- Tom...
- Hum ?
- J'peux faire tes cheveux après ?
- Tu veux dire me faire des nattes ?
- Oui
- Ok... Mais alors tu dois me donner tes fraises en échange.L'adolescent sourit malicieusement et observa avec tendresse le petit garçon fixer tout à tour ses cheveux puis les fraises fixées à ses dix doigts.
- Alors, tu me les donnes ?Les sourcils du gamin se froncèrent en une moue contrariée et il colla ses mains à son torse.
- ... Nan. Et simultanément les deux Tom explosèrent de rire.
- Espèce de p'tit radin !Bill lui envoya son coussin en pleine tête.
- Arrête de t'foutre de moi ! T'as vu comment tu me truandais aussi ? Espèce d'oncle indigne va...
- Oh mon Dieu il faudra que j'remercie Gordon d'avoir filmé ça ! rit-il en pointant l'écran du doigt.
T'as vu la tête que t'as fais ?
- J'avais trois ans ! rétorqua-t-il pour se défendre.
Tom secoua la tête en souriant et détourna les yeux vers la télévision.
- En plus tu savais même pas faire les nattes, à chaque fois tu m'faisais des putains de n½uds et je mettais trente ans à les démêler...Il rit encore un peu et se replongea doucement dans le film. Toutes ses images, ses souvenirs oubliés, cette enfance au goût de bonbon acidulés vestige d'un passé qui semblait à des années lumière le rendait agréablement nostalgique. Il se souvenait parfaitement de tous ses séjours chez son frère, de la manie que Bill avait d'entortiller ses doigts dans ses grands tee-shirts et de les déformer au niveau des coutures, de la façon dont il l'écoutait avec sourire faire semblant de lire des livres à haute voix, débitant des phrases sans queue ni tête alors que le bouquin en question était à l'envers dans ses petites mains blanches. Oui, Bill était vraiment source d'admiration, même à l'époque de ses quinze ans.
Tom se souvint alors avec amusement de la fierté qui l'accablait à chaque fois que Bill réclamait ses bras, négligeant totalement la présence de ses parents lorsque son tonton venait dormir à la maison. Bill avait été une sorte de petit frère et durant les quatre premières années de sa vie Tom avait adoré lui servir de mentor. Puis il était entré dans l'adolescence et avait peu à peu cessé de venir rendre visite à Gordon et Simone, préférant de loin faire la fête et sortir avec ses amis pour faire crier ses parents. A seize ans il partait faire ses études à l'étranger. Douze ans plus tard il revenait chez lui et découvrait l'adolescent sensuel et intimidant qu'était devenu son neveu.
Bill plia silencieusement ses jambes sous lui et se mit à observer le profil de son oncle dans le noir quasi opaque du salon, inconscient des pensées troublantes qui lui traversait la tête. Il le trouvait beau. Vraiment beau. Seul le grésillement des baffes et les rires provenant de la télé déchiraient le silence intime de la pièce et Bill baissa les yeux vers ses mains liées. Était-ce raisonnable de laisser ses yeux errer dangereusement sur le corps hypnotique de son oncle alors qu'à tout moment ses désirs refoulés pouvaient submerger de son inconscient ? Surement. Pourtant c'est bien malgré lui qu'il releva la tête et que ses prunelles avides se fixèrent de nouveau sur son corps.
Les yeux du blond semblaient briller d'une enivrante submersion de souvenirs et Bill le trouva d'une beauté excessivement détestable. La luminosité de son visage variait brièvement à chaque changement de plans de la caméra, tantôt jaune vif tantôt or sombre, et l'angle ombragée, droit et creux de sa mâchoire carrée ne s'en trouva que plus hypnotisant encore. Tom était sans doute l'homme le plus magnifique du monde et Bill se surprit à maudire ardemment la génétique. Lui n'aurait surement jamais le droit de le lui dire. De lui dire à quel point son odeur le rendait dingue et à quel point sa peau cuivrée lui donnait envie de se déshabiller. Son corps d'adolescent vierge et sage devenait geyser de désir à chaque fois que ses yeux rencontraient les siens et le sens moral de Bill en prenait toujours un sacré coup.
-
J'vais commander des pizzas. J'en ai pas pour longtemps alors m'attend pas pour la vidéo... Bill sursauta en se rendant compte que Tom s'était tourné vers lui et qu'il prenait déjà la direction de la cuisine. Ses tempes se mirent à bourdonner violemment à la simple idée qu'il ait pu l'attraper en pleine contemplation et il prit lentement sa tête entre ses mains lorsque le blond fut sortit de la pièce. Il devait vraiment arrêter ses conneries. Arrêter ses conneries et se forcer à... . A quoi d'ailleurs. Il ne savait juste rien contrôler lorsqu'il s'agissait de Tom. Alors qu'est ce qu'il était sensé foutrement faire à part ne pas lui sauter dessus ? Il laissa ses mains retomber mollement sur ses genoux et releva les yeux vers l'écran. Et comme si le sort s'acharnait sur lui, l'image qui s'offrait à ses yeux n'était autre que Tom, âgé d'environs seize ans, souriant à la caméra avant de s'éloigner vers le centre de ce qui ressemblait à une petite salle des fêtes. Une musique langoureuse résonnait dans les enceintes et Tom commença à danser, le regard fixé sur la caméra et un petit sourire amusé au coin des lèvres. Bill n'en croyait pas ses yeux. Tom était un ado tellement différent de lui. Ses hanches se mirent à onduler sur la musique et il bu une longue gorgée de la bière qu'il tenait à la main, fermant lentement les yeux sans pour autant s'arrêter de bouger. Bill sentit son ventre de contracter et serra fort le coussin entre ses ongles. Il ne devait pas faire ça. Il ne devait pas se laisser submerger par l'image de Tom. Ses joues se mirent à rougir lorsque l'adolescent rabaissa sa bière et qu'il planta son regard brumeux et de toute évidence un peu alcoolisé dans les yeux de la caméra. Une petite détonation résonna dans sa poitrine en le voyant passer rapidement sa langue entre ses lèvres et il sentit avec horreur son sexe s'ériger lentement entre ses cuisses. La panique et l'excitation faisait battre son c½ur à une allure vertigineuse et il tourna avec angoisse la tête vers la porte du salon. Tom n'était toujours pas revenu et ne reviendrait surement pas avant cinq longues minutes alors... Peut-être qu'il aurait le temps de... Bill ferma violemment les paupières, horrifié de la pensée qui venait de lui traverser la tête. Il ne pouvait pas faire ça, encore moins ici, avec Tom à quelques mètres de là qui pourrait réapparaitre et le capter à n'importe quel instant.
Pourtant il rouvrit les yeux et observa une énième fois l'adolescent à l'écran. Tom venait de reprendre une seconde goulée et passait maintenant sa main sous son tee-shirt. Bill vit la peau cuivrée de son ventre apparaître et sentit sa queue pulser douloureusement dans son boxer. Il ne chercha pas à réfléchir plus longtemps et, après un dernier coup d'½il à la porte, déboutonna son jean avant d'en abaisser légèrement la braguette. Il remonta ensuite rapidement ses genoux contre son torse et plaça sa main droite entre sa cuisse et son ventre, de sorte que si Tom revenait dans la pièce il ne puisse pas s'apercevoir de quoi que ce soit. Ses doigts s'infiltrèrent lentement sous l'élastique de son boxer et il attrapa avec difficulté le bout de son sexe qu'il tira légèrement à l'extérieur, de sorte que seulement quelques centimètres dépassent de son jeans. Son c½ur battait à tout rompre et ses yeux se refixèrent rapidement sur l'écran, plus précisément sur Tom qui passait maintenant son tee-shirt au dessus de sa tête. Bill hoqueta et enroula fiévreusement ses doigts autour de son gland avant de le serrer et d'ouvrir la bouche pour haleter. Il sentait la sueur commencer à couler le long de son dos et se mordit les lèvres en déshabillant mentalement le blond des yeux. Tom ondulait sensuellement, roulant légèrement des hanches et se tourna lentement dos à la caméra. Bill étouffa un gémissement et se pinça les lèvres. Le baggy de l'adolescent descendait si bas sur ses hanches qu'on voyait le tiers de son boxer blanc qui laissait deviner la courbe de ses fesses. La main de Bill s'activait furieusement sur la longueur de son sexe. Il voulait que Tom se retourne, il n'avait concentré son attention que sur ses abdos parfaits de son ventre et maintenant il voulait observer ses tétons. Il devait observer ses tétons. C'était tellement débile, mais ça lui brulait la poitrine et lui engourdissait la cervelle. Il fallait que Tom se retourne. Et Tom se retourna.
Sizième partie
Dans la cuisine Tom ne s'arrêtait plus de tourner en rond, sentant à peine le téléphone glisser lentement à l'intérieur de sa paume moite qu'il ne cessait de resserrer inconsciemment autour de l'appareil. Cela faisait déjà quelques minutes qu'il s'était échappé du salon et ne se souvenait même plus de la raison pour laquelle il avait ce foutu téléphone à la main, complètement dépassé par le bordel sans nom qui régnait dans sa tête.
Cette vidéo l'avait bien malgré lui fait réfléchir sur ce qui le tracassait secrètement depuis ce fameux jour. Ce jour maudit où il avait levé les yeux vers le superbe androgyne qu'était devenu son neveu. Tom pouvait se souvenir avec exactitude du n½ud qui lui avait enserré l'estomac lorsqu'il avait enfin relâché le corps chaud de ses bras et le choc qu'il avait eu en devinant l'identité du garçon timide et souriant qu'il avait sous les yeux.
S'il ne se savait pas homosexuel, peut-être Tom aurait-il mit toute cette admiration sur le compte d'un trop grand étonnement face à l'adolescent singulier qu'était devenu le fils de son frère. Mais Tom se savait incontestablement attiré par les hommes, et la peur de trop apprécier Bill lui bouffait tout simplement les neurones.
Et c'était là que résidait tout le problème.
L'image du Bill de quatre ans ne cessait de parcourir ses paupières fatiguées, lui renvoyant en pleine figure l'abomination démentielle de la chose qu'il croyait ressentir envers sa gueule d'ange et la sincérité de ses sourires.
Tom se rendait peu à peu compte qu'il ne s'agissait plus seulement d'un problème lié au désir immoral qu'il avait l'impression de ressentir envers un adolescent bien trop jeune pour lui, mais au trouble malsain qu'il avait peur d'éprouver en la présence d'un membre à part entière de sa famille. Bill n'était pas seulement un garçon apparut soudainement dans sa vie et qu'il n'avait pas le droit d'admirer avec ses yeux désireux, mais le fils de son frère, le fils unique de son grand frère qu'il avait serré dans ses bras les quatre premières années de sa vie.
Et cette constatation lui broyait l'estomac chaque fois qu'il y repensait.
Il avait maintenant peur d'observer l'androgyne avec trop d'admiration, peur de ressentir une joie trop intense lorsqu'il était avec lui, peur de vouloir le connaître un peu trop rapidement... Quels étaient les foutus signes avant coureur ? Comment pouvait-il savoir s'il se transformait ou non en un psychopathe déséquilibré au penchant incestueux et... et pédophile ???
Tom souffla lentement de désespoir et traversa la petite pièce aux senteurs de gingembre et de curry pour se stopper devant l'imposant frigidaire blanc. Une petite photo de Bill y était accroché à l'aide d'un aiment et il la prit doucement entre ses doigts pour l'observer plus attentivement. Bill y souriait comme un bienheureux, lui offrant une superbe vue sur sa dentition particulièrement singulière qui lui donnait tout son charme et il se surprit à sourire lui-même en caressant le papier brillant.
Bill était incontestablement le garçon qu'il aurait aimé rencontrer à l'époque de ses quinze ans, lorsque le poids de son homosexualité ne s'était pas encore totalement estompé et que l'innocence et la timidité parcourait encore son corps d'adolescent novice. Seulement Tom n'avait plus quinze ans. Pas même dix-sept. Il en avait vingt-trois et ne comptait plus le nombre d'hommes avec qui il avait couché depuis le jour où il s'était rendu compte que son joli petit minois pouvait faire des ravages chez la gente masculine, et que la provocation était bien plus facile à vivre que la peur d'être jugé.
Bill était finalement son parfait opposé, timide, sincère, d'une sensualité involontaire et incapable de la débauche dont il avait fait preuve durant sa jeunesse. Et Tom espérait sincèrement que le trouble qu'il ressentait en sa présence n'était du qu'à une trop grande admiration de ce qu'il aurait aimé être à son âge. Tom ne regrettait certes pas la façon dont il s'était très vite accoutumé à son homosexualité, mais aurait toute fois apprécié rencontrer un garçon tel que Bill, qui lui aurait surement apporté la tendresse et l'innocence dont il se persuadait ne pas avoir besoin.
-
Allo la pizzeria du grand bourg j'écoute. Tom sursauta en se rendant compte qu'il avait mécaniquement composé le numéro de la pizzeria et que sa main tenait l'appareil tout contre son oreille.
Bordel, quand s'était-il souvenu de la raison pour laquelle il avait prit le téléphone ?
-
Euh... oui oui. Oui pardon j'appelle pour commander deux pizzas sénior s'il vous plait.
- A livrer ou à venir chercher ?
- A livrer.
- Quelle adresse ?Tom s'apprêtait à répondre lorsqu'il se rendit compte qu'il ne se souvenait plus de l'adresse de son frère. Il l'avait vaguement mémorisé pour retrouver la maison de son enfance mais ne parvenait apparemment plus à se souvenir du nom de la rue. Il trottina donc rapidement jusqu'au salon en demandant de patienter quelques instants à son interlocuteur et passa la tête dans l'encadrement de la porte.
-
Bill est-ce que tu peux/ Les mots moururent brusquement dans sa gorge et c'est avec l'étrange, soudaine, mais indiscutable impression que quelque chose d'anormal clochait soudainement dans la posture de Bill que ses sourcils se froncèrent et qu'il plaqua silencieusement le combiné sur son pectoraux. Ses yeux glissèrent alors lentement des lèvres entrouvertes de l'adolescent jusqu'à son épaule, son bras, puis son avant bras, en train de monter et descendre sur une chose inapparente mais dont l'emplacement stratégique lui fit tressaillir l'estomac. Et Tom écarquilla violemment les yeux. Bill était en train de se toucher. Là. Sur le canapé. Il sentit sa gorge s'assécher à la vitesse de la lumière et ses phalanges se mirent à blanchir autour de l'appareil qu'il resserra inconsciemment dans sa paume. Un hoquet de stupeur se bloqua douloureusement au travers de son ½sophage lorsqu'il vit le brun entre-ouvrir d'avantage la bouche avant de se la mordre pour s'empêcher de gémir et dû inconsciemment s'accrocher au chambranle de la porte pour ne pas vaciller sous cette vision décadente et douloureuse qu'il avait sous les yeux.
Il ne devait pas faire ça. Il ne devait pas regarder.
Tom sentit ses jambes se ramollir subitement sous son poids. Quelque chose dans son c½ur se serra à la vue de Bill en train d'haleter doucement et il dû faire un effort surhumain pour détourner le regard de l'abdomen hypnotisant de son neveu. Seulement ses rétines en alertes se posèrent alors sur la télévision et Tom cru un instant pouvoir s'étrangler avec sa salive lorsqu'il se vit à l'écran. Lui. Tom. Nan. Impossible. Bill ne pouvait pas lui faire ça. Il ne fallait pas...
Son cerveau ne semblait plus à même de lui dicter la chose à faire et ce fut seulement lorsqu'il s'imagina l'embarras que Bill ressentirais en se sachant observer que Tom se rendit réellement compte qu'il était toujours là, épiant le fils de son frère se caresser dans leur canapé. Un violent affolement déferla alors jusqu'à sa poitrine et il fit rapidement demi-tour dans la cuisine où il s'adossa au premier mur qui lui fit face.
-
Monsieur ?Tom prit son visage dans sa main libre et souffla lentement contre sa paume. Son pouls martelait sa boite crânienne avec violence et il lui sembla un instant que le sort s'acharnait réellement contre lui. Bill lui bouffait les neurones. Définitivement.
-
Monsieur ? Vous êtes toujours là ?Sans prendre la peine de retirer sa main de son visage ni même d'ouvrir les yeux Tom posa lentement le téléphone contre son oreille.
-
Oui... Oui je suis toujours là. En fait oubliez l'adresse, je passerais les prendre.
- D'accord. Quelles pizzas avez-vous choisit ?
- Quatre fromages... Quatre fromages et... Et Indienne.
- Très bien, ça sera prêt dans vingt minutes. A tout à/Tom n'écouta pas la suite et balança le téléphone sur la table. Sortir prendre l'air lui ferait finalement le plus grand bien. Il chercha un instant le meilleur moyen de réapparaitre dans la pièce sans tomber une seconde fois sur son neveu en position plus qu'embarrassante bien que désagréablement dangereuse pour lui, et suivant la première idée qui lui traversa la tête, attrapa le premier verre qui lui tombait sous la main avant de le fracasser par terre. Le bruit du verre brisé résonna dans toute la pièce et il s'assura de jurer assez fort contre sa « maladresse » avant de prendre la balayette et ramasser le résultat lamentable de son manque d'imagination. Il mit ensuite le tout à la poubelle puis, patientant tout de même une minute de plus dans la pièce pour se forcer à adopter une allure normale et naturelle, pénétra dans le salon où Bill était sagement assis sur le canapé..
-
J'ai commandé les pizzas mais ils avaient plus de livreur alors j'irais les chercher tout à l'heure, lança-t-il en reposant le téléphone sur son socle.
Bill acquiesça silencieusement et Tom reteint un sourire amusé d'étirer ses lèvres lorsqu'en se retournant il remarqua ses joues rouges et son regard fuyant.
-
La cassette est finie ?
- Euh... ouais. Ouais elle vient juste de se terminer en fait. Un sourire timide prit place sur son visage et il releva les yeux vers lui.
Tu m'avais caché tes talents de danseurs.Tom manqua de s'étrangler en respirant et repoussa très très loin l'image de son neveu se masturbant devant une vidéo de lui en train de danser.
-
Il y a un tas de chose que tu ignores encore sur l'homme parfait qui te serres d'oncle, lâcha-t-il en se forçant à sourire de manière fière et prétentieuse.
Bill rit alors doucement et Tom se félicita intérieurement de réussir à sortir ce genre de conneries pour détourner l'attention. Et effectivement, Bill ignorait un tas de choses sur lui.
Choses que Tom se força mentalement à ne pas s'énumérer.
Il parcouru alors la pièce des yeux et son regard ne pu que tomber sur le canapé dans lequel Bill était assis. Canapé où il l'avait observé se toucher timidement, dans le noir, inconscient de sa présence, les yeux résolument fixé sur l'écran qu'il dévorait des yeux, la main dans le caleçon et...
-
Bon ! Il frappa brutalement dans ses mains pour éviter de se mettre une claque et détourna les yeux du canapé.
J'y vais.Les pizzas n'étaient pas prêtes avant vingt minutes mais Tom ne se sentait vraiment pas apte à rester auprès de son neveu dans ce salon et sur ce canapé définitivement nuisible au bon fonctionnement de son système nerveux.
-
Mais je... Maintenant ?!Bill avait tourné la tête vers lui et le regardait avec des yeux interrogateurs. Tom fit mine de ne pas l'avoir entendu et prit rapidement son énorme veste blanche qui trônait sur un fauteuil. Plus vite il serait sortit et mieux se serait.
-
Attends j'viens avec toi ! Tom leva les yeux au ciel et se retourna vers l'adolescent qui, ses chaussures déjà en main, s'afférait à enfiler ses lacets tout en cherchant sa veste des yeux.
-
Bill je... Tu devrais pas sortir après ce qui t'es arrivé, chuchota-t-il en espérant secrètement qu'il n'insisterait pas pour l'accompagner.
Il avait besoin de se retrouver seul quelques minutes pour pouvoir réfléchir sérieusement à ce qu'il ressentait envers son neveu et la présence de Bill était définitivement à exclure s'il voulait tirer de cette balade nocturne de bonnes et sincères résolutions.
-
J'ai pas l'intention d'arrêter de vivre à cause de ses connards, répondit-il sans même lever les yeux vers lui.
Et puis j'ai vraiment envie de sortir avec toi.Un violent blanc s'immisça dans la pièce et Bill releva lentement les yeux vers lui, l'air complètement embarrassé et les joues virant au rouge coquelicot.
-
Enfin nan c'est pas... J'voulais pas dire ça, j'veux dire...
Tom ne pu alors s'empêcher de sourire et sentit un nouveau torrent d'attendrissement parcourir son c½ur. Bill était juste adorable. Et il secoua doucement la tête en lui faisant signe de se dépêcher. Au diable les bonne résolutions, il adorait tout bonnement passer du temps avec ce gamin bien trop tendre et trouva soudainement injuste de l'empêcher de l'accompagner à cause d'une simple peur irrationnelle.
Bill observa son oncle sortir du salon et se pinça légèrement les lèvres, incapable de choisir entre être heureux ou embarrassé. Il attrapa donc rapidement sa veste en cuire pour éloigner ces questions idiotes de son esprit mais grimaça soudainement lorsqu'il aperçu le tee-shirt cinq fois trop large et trop long qu'il avait emprunté à Tom et qu'il portait encore. Il eu la brève idée de remonter rapidement à l'étage pour se changer mais considéra successivement l'impatience de Tom, la douleur cuisante qu'il ressentirait en courant dans les escaliers et la bosse encore légèrement visible sous son jean. Cette dernière constatation le fit légèrement rougir et la solution s'imposa d'elle-même. Il enfila rapidement sa veste en cuire avant de sortir sur le perron où Tom l'attendait et où un de ses sourcils se releva malicieusement face à sa dégaine inhabituelle.
Bill baissa les yeux vers sa tenue et considéra avec léger embarras les vingt centimètres de tee-shirt blanc dépassant de sa minuscule veste noire.
-
Si tu espère croiser l'homme de ta vie sur le chemin j'te conseille fortement d'aller te changer, à moins que le look clodo soit la nouvelle tendance du moment.Le rire de Tom s'éleva doucement dans le silence de la rue et Bill lui frappa gentiment l'avant-bras en souriant avant de faire discrètement glisser son bras sous le sien. Ce geste lui valut une violente rougeur aux joues et il remercia intérieurement l'obscurité de cacher sa nervosité aux yeux de son oncle qui avait lentement cessé de rire en sentant son bras s'enrouler ni vu ni connu autour du sien.
-
T'as pris de l'argent ?La question de Bill n'en était pas une et sa voix était à peine plus audible qu'un murmure. Il n'osait pas détourner les yeux du gazon noir qui les entourait et pria secrètement le ciel pour commencer à marcher rapidement. Tom observa son air gêné avec amusement et resserra son bras contre ses côtes avant de se mettre à marcher. La question de Bill ne trouva donc aucune réponse mais aucun d'eux ne s'en formalisa, seul un sourire satisfait prit forme aux coins des lèvres de l'adolescent et c'est tout doucement qu'ils entamèrent leur ascension sur l'asphalte humide de la rue.
-
Tu m'as toujours pas dit comment ça avançait entre toi et Thomas, lança naturellement Tom après quelques pas sur le bitume.
Il te plait ?Bill aurait pu être gêné ou mal à l'aise face à cette question, mais contre toute attente ce fut avec un sincère et grand sourire qu'il répondit à son oncle. Le fait de pouvoir parler si ouvertement de son homosexualité avec quelqu'un, et la façon naturelle qu'avait Tom pour en parler et pour le mettre en confiance lui réchauffait toujours le c½ur de la plus douce des manières et apaisait rapidement le malaise qu'il avait finalement toujours ressentit vis-à-vis de cette partie de lui.
-
Nan je crois pas... Il tourna la tête juste assez tard pour manquer le sourire du blond et plissa les yeux en continuant.
C'est vrai qu'il est pas moche mais j'arrive pas vraiment à le voir autrement que comme un ami tu vois ? Il détourna les yeux et continua un peu plus timidement.
Par contre j'aime bien parler avec lui parce qu'il y a cette... je sais pas. Une sorte de tension qui me fait un peu frissonner, c'est bizarre... Tom rit intérieurement de cette dernière réplique et resserra son bras autour de celui de l'androgyne.
-
Ça c'est parce qu'il en pince carrément pour toi et que son désire est tellement flagrant que ça en devient presque palpable !Bill sentit ses joues s'empourprer violemment et fronça les sourcils en fixant le sol.
-
Tu dis n'importe quoi...
-
Tu sais que j'ai raison, lança Tom en chuchotant de manière taquine et en lui administrant un léger coup d'épaule.
Parce que c'est justement le fait que tu le ressentes qui créé cette tension si agréable. Si tu n'en avais pas été conscient tu aurais juste l'impression de parler avec n'importe qui. Hors tu l'as dit toi-même, il y a cette sorte de tension qui te fait... Comment déjà ? A oui ! Frissonné...
Le gloussement de son oncle ne fit qu'intensifier la rougeur de ses pauvres joues et c'est vexé de se faire analyser de manière si exacte qu'il se détacha brusquement de lui en lui administrant un énième coup dans le bras. Tom ne pu qu'en sourire d'avantage et c'est le regard plein de malice qu'il observa son neveu s'écarter de quelques mètres et marcher les bras croisés sur son torse, le regard résolument fixé sur le bitume et les sourcils froncés de s'être fait démasqué.
-
Et puis même, ça change rien au fait qu'il me plait pas... maugréa-t-il doucement dans sa barbe inexistante.
Il est mignon mais je serrais réellement incapable de faire quoi que ce soit avec lui...
- Et qu'est-ce qui t'en empêche ?Le ton du blond avait perdu toute sa légèreté et Bill du tourner la tête vers lui pour apercevoir qu'il le scrutait de manière réellement sérieuse.
-
Ba... Je sais pas, je... Il décroisa lentement ses bras et enfonça ses poings dans les poches de sa veste, soudainement un peu gêné de parler si sérieusement de ce qu'il n'avait pas encore approfondi lui-même.
Je le connais pas assez et puis... j'en sais rien. Il n'y a pas que le physique qui compte, j'aurais besoin de me sentir en confiance pour expérimenter tout ce que je connais pas encore, et puis... nan, je pourrais pas.
Tom ne su alors pas vraiment quoi répondre et baissa finalement les yeux vers le sol, se disant qu'il aurait tout compte fait aimer penser comme son neveu à l'époque de ses quinze ans. Ses premières expériences dans le monde gay n'étaient pas vraiment un bon souvenir et il regretta soudainement de n'avoir pas su prendre le temps de trouver une personne de confiance pour expérimenter les joies du sexe.
-
Tom ?Tom tourna la tête vers l'adolescent et le vit fixer timidement ses basquets, sa longue tignasse brune cachant sciemment son visage.
-
Tu crois que je devrais quand même... essayer ?
Tom du se rapprocher de lui pour parvenir à entendre distinctement ses timides chuchotements et lorsqu'il eut enfin comprit le sens de sa question, il attrapa brusquement son bras pour le tirer contre lui, le faisant légèrement sursauter alors qu'un sourire attendrit étirait ses lèvres.
-
Soit pas pressé bonhomme, lança-t-il en passant son bras autour de ses épaules.
Tu finiras bien par trouver un garçon sincère et digne de confiance qui aura prit le temps de te connaître... Et puis entre nous... ton Thomas là, il m'a l'air puceau comme pas permis et complètement coincé, je sais pas s'il t'aurais apporté grand-chose finalement...
Bill rit doucement de cette dernière réplique et laissa sa tête se poser contre l'épaule de son oncle avant de souffler lentement de désespoir.
-
Ouais... N'empêche qu'à à cette allure je devrais toujours me contenter de ma main droite et à vingt ans je serais manchot et toujours puceau...
Le rire compatissant de Tom le fit légèrement sourire.
-
T'es si frustré que ça ?
- T'imagine pas... C'est limite si elle se redresse pas au premier coup de vent.
Tom partit alors dans un fou rire sans nom et Bill du bien vite le rejoindre, s'amusant lui-même de la vision désespérante qu'il donnait de lui.
-
Tom te moque pas, j'suis super sérieux !Tom se pinça les lèvres pour éviter de glousser de plus belle et se surprit à vraiment apprécier pouvoir partager ce genre de discutions avec son neveu. Plus les minutes passaient et plus il se rendait compte de sa spontanéité naturelle et de son humour pour le moins très agréable. L'autodérision ne semblait pas lui faire peur et Tom fut soudainement fier d'avoir un neveu si véritable. Bill n'était de ce genre d'ado complètement fermés d'esprit et pour qui blague idiote et délire enfantin riment avec gaminerie et manque de maturité. Il était juste franc et honnête. Et le c½ur de Tom fut de nouveau prit d'un grand frisson lorsqu'il le vit se retourner vers lui et le fixer de ses grands yeux rieurs, lui souriant de toutes ses dents avant de détourner une nouvelle fois le regard vers les pavillons.
-
Au fait Tom...
- Humm ?
- T'es déjà tombé amoureux ?La voix de l'adolescent était de nouveau voilée d'une curiosité lointaine et Tom dû réfléchir quelques secondes avant de répondre.
-
Je crois pas...
- Tu crois pas ? Bill avait relâché son bras et le scrutait d'un air surprit mais amusé.
En général on sait ce genre de choses.
- Disons que je suis jamais réellement tombé amoureux mais... Peut-être que ça s'en rapprochait beaucoup finalement.
- Comment elle s'appelait ?Tom eu un sourire amusé et enfonça ses mains dans ses poches.
-
Xavier.Les jambes de Bill se stoppèrent subitement et Tom crut de nouveau pouvoir partir dans un fou rire monstre lorsqu'en se retournant il considéra la bouche de Bill, grande ouverte sous le choc de cette révélation.
-
Je... Tu... / Mais... Bill semblait soudainement être témoin d'une danse ethnique de boudin blanc en slip de bain et le sourire de Tom ne s'en élargit que deux fois en s'imaginant la scène.
-
Oui en effet...
Bill relâcha soudainement sa main qu'il pointait en direction de son oncle d'un air complètement ahuri et ferma lentement la bouche sous le sourire foutrement hilare de Tom.
-
Xavier ?
- Xavier.
- T'es gay ?
- J'suis gay.
- Oh mon Dieu !
- Oh mon Dieu...
- Putain Tom arrête ! Tom se mordit les joues pour ne pas exploser de rire et comprit aux yeux de son neveu qu'il avait réussit à l'énervé. Ce dernier avança vers lui d'un air furieux et Tom vit ses sourcils se froncer sous la colère.
-
C'est pas drôle je... Pourquoi tu me l'as jamais dit ?!
- Tu me l'as jamais demandé.
Le blond avait toujours ses mains dans ses poches et regardait d'un air attendrit le visage véxé et irrité de son neveu qui ne semblait toujours pas s'en remettre.
-
Putain j'y crois pas...
- C'est si difficile à croire ?Mais Bill n'entendait déjà plus rien et ses yeux parcoururent silencieusement les prunelles homosexuelles de son oncle. Puis ses cils, l'arrête de son nez, ses lèvres... Homosexuelles. Homosexuel. Cette information semblait clignoter en lettre de feu à l'intérieur de sa tête. Tom était gay. Tom était comme lui. Tom aimait les hommes. Tom avait déjà surement...
-
T'as déjà couché avec un homme ?
Et ce fut au tour de Tom de rester sans voix, la bouche grande ouverte sous le choc de la spontanéité de son neveu et de cette question pour le moins tout droit sortit du c½ur.
-
Je... et bien, ouais. Enfin... évidemment.
Tom vit alors une lueur étrangère briller dans le regard de Bill et celui-ci s'avança vers lui avec dans la voix une assurance tremblante et pleine d'espoir.
____________________________________________
Enfin! xD
Je m'excuse encore pour l'attente mais quand l'inspiration n'est pas là,
y a rien à faire et ça peut vraiment durer longtemps! -_-''
Et sinon... Vos impressions? =)
Merci encore pour tout vos com's, je vous fais de gros bisous
et espère pouvoir rapidement entammer la suite pour vous
révéler les intentions du Billou^^