.

.












............................................................................... Hallo hallo hallo! :D

......................................................Parlons peu mais parlons bien!
Si vous êtes ici ce n'est pas pour faire
une partie de carte n'est-ce pas? ^^

Alors...
adeptes du yaoi,
adhérents des histoires gay et
accros des lemons...

Bienvenus sur mon blog d'OS!

(Ma fiction yaoi: caractere-clementines)






Première mini-fic: Bill est un adolescent solitaire et renfermé qui semble rêver sa vie plus que vivre ses rêves. Sa seule compagnie lui convient parfaitement et il ne se plaint pas de ses journées, se considérant heureux ainsi. Seulement son oncle déboule à la maison et semble ne pas comprendre cet isolement. Tom va donc essayer de sortir son neveu de sa bulle, passant de plus en plus de temps auprès de celui qui, quelques années plus tôt, tirait sur ses dreadlocks en se dandinant comiquement.




# Posté le mercredi 08 avril 2009 15:04

Modifié le mercredi 06 mai 2009 12:53

Article coup de vent

Coucou tout le monde!!! =D



Mon blog vient tout juste d'être créé et je n'ai donc pour l'instant
qu'un seul OS en cours. Seulement, malgré le fait que je
surkiff écrire du yaoi, je n'ai parfois pas vraiment d'idées
et du coup, ça m'bloque! -_-''


C'est pourquoi si vous avez des idées
n'hésitez pas à me les donner
dans cet article, je me ferais
une joie d'écrire un petit OS venu
tout droit de votre imagination...

...

(ou de vos fantasmes.... >___<)


Nage>>> Ton idée me plait bien et je me pencherait surement dessus lorsque j'aurais terminé toutes les mini-fic et OS que j'ai entammé =) [L'histoire me parait vraiment très réaliste et le fait qu'elle te tienne à coeur me pousse à me demander si cette histoire n'est pas finalement un aspect de la tienne, ça expliquerait peut-être pourquoi tu n'arrive pas à l'écrire toi même. En tout cas si je décide un de ces quatre de m'y mettre, j'essayrais de ne pas te décevoir, qu'elle soit ou non en rapport avec toi =) Bisous et encore merci! ;D]
Article coup de vent

# Posté le dimanche 12 avril 2009 14:44

Modifié le samedi 05 septembre 2009 08:22

Mini fiction

Mini fiction
Mini-fiction n°1
Première Partie





Comme chaque jour depuis maintenant de longues années, Bill s'échappe vivement de sa classe à l'entente de la sonnerie, se frayant un chemin entre les adolescents agités et bruyants avant de se diriger d'un pas rapide vers la sortie de l'établissement.

L'air chaud de ce mois de juin le frappe d'emblée au visage et il porte instantanément la main à son front afin d'empêcher le soleil caustique qui lui fait désormais face de brûler ses fines rétines encore habituées à l'obscurité du lycée. Il continue sa route et réajuste la bandoulière de son sac, s'éloignant de l'établissement d'un pas énergique et fermant parfois les yeux de bien-être en sentant la chaleur cuisante du soleil s'infiltrer peu à peu dans tout son corps.

Bill aime le soleil. Il aime le soleil, adore la chaleur et raffole de l'été. C'est pourquoi malgré la mauvaise journée qu'il a encore passée au lycée et l'amertume routinière qui l'assomme chaque matin avant de s'y rendre, il laisse ses lèvres s'étirer en un énorme sourire.

La semaine est fini, le week-end commence, et il est heureux de rentrer chez lui auprès de ses parents.

Les minutes défilent lentement et un petit quart d'heure plus tard sa maison entre dans son champ de vision. Il ralentit la cadence et profite une dernière fois de la chaleur grisante avant de pénétrer dans la fraicheur du pavillon qui lui procure de doux frissons le long de l'échine.

- J'suis rentré !!!

La porte claque et une fois ses baskets lancées négligemment dans l'entrée, il rejoint ses parents affalés sur le canapé.

- Dis tu te souviens que mon frère vient ce soir ?

- Comment j'pourrais l'oublier tu me le répète toute les deux minutes ?
souffle-t-il en souriant.

- Tu verras tu vas l'adorer ! Il s'amusait beaucoup avec toi quand t'étais petit tu te souviens ?

- J'avais quatre ans, il en avait quinze, comment tu veux que j'm'en souvienne ?


Les parents de Bill avaient invité son oncle à venir séjourner quelques jours chez eux et Tom était sensé arriver dans quelques heures, au plus grand bonheur de Gordon qui était impatient de revoir son petit frère de 10 ans son cadet, resté si longtemps injoignable.

- J'vais prendre une douche. Vous me prévenez quand il sera là ?

- Ok.


Bill saute du canapé et sort de la grande salle, se dirigeant d'un pas fatigué vers le premier étage où il n'aura malheureusement pas le luxe de s'allonger sur son matelas. C'est donc comme un automate qu'il se rend dans la salle de bain, espérant ne pas s'endormir dans la baignoire et avoir le temps de piquer un roupillon avant l'arrivée de son oncle.

Quelques minutes et dix litres d'eau plus tard Bill sort de la douche, entièrement nu, et hésite à s'approcher du miroir. Après quelques secondes d'hésitation il s'avance tout de même sur le carrelage froid et grimace en apercevant son torse et ses côtes, bleuies par les coups.

Bill n'est pas vraiment un garçon apprécié par ses camarades. La plupart l'ignore, ce qui lui convient tout à fait, mais d'autres, moins nombreux, ne peuvent se contenter de quelques messes basses, l'insultant publiquement et poussant le vice jusqu'à le frapper au détour d'un couloir.

Son androgynéité n'est effectivement pas très estimé par certains garçons de son lycée qui ne voient en lui qu'un ado étrange, maquillé comme une femme et aux penchant sexuels surement malsains et dépravés.

Solitaire et renfermé avec ses camarades, Bill est pourtant un ado plein de ressources, animé d'une joie de vivre poignante et doté d'une sensibilité rare chez les garçons de son âge. Seulement Bill est un grand rêveur et semble rêver sa vie plus que vivre ses rêves, faisant abstraction des ados qui l'entourent en ne sortant de sa coquille qu'une fois rentré chez lui.

Il caresse son ventre pensivement, observant ces marques qui doivent dater de deux ou trois semaines seulement... Personne n'est au courant et il n'en voit pas l'utilité. Il ne se fait pas « tabasser », et peu encaisser quelques bousculades ou coups de poing de temps en temps si cela ne reste qu'occasionnel. Il n'en mourra pas... et puis les vacances sont dans moins d'un mois maintenant.

Sortant de ses pensées il décide d'aller se reposer un peu, et, frissonnant d'anticipation en pensant à ses draps frais, galope jusqu'à sa chambre en plongeant la tête la première dans son matelas.



[...]



Quelques heures plus tard, Bill, qui dormait encore profondément, n'entendit pas Gordon courir jusqu'à la porte d'entrée et jurer contre ses baskets sous les ricanements moqueurs de sa mère.

- Tom !

Tom était debout devant la porte, les yeux brillants et le sourire aux lèvres, heureux de revoir son frangin, identique à ses souvenirs. Gordon n'attendit pas une minute de plus et le prit dans ses bras, l'étouffant dans son étreinte et riant joyeusement tel un enfant de six ans ayant retrouvé son jouet préféré.

- J'te jure que si j'étais pas aussi content de te voir j'te ferais bouffer tes dreads pour pas être venu avant !!! le sermonna-t-il gentiment.

- Moi aussi tu m'as manqué, répondit Tom en riant.

Tom et Gordon, bien qu'ayant dix années d'écart d'âge, avaient toujours été des frères soudés et attentionnés l'un envers l'autre.

- Entre, Simone est dans la cuisine.

Tom suivit donc Gordon et entra timidement dans la maison, surprit de constaté que rien n'avait changé depuis toutes ses années où, encore adolescent, il s'enfuyait de chez ses parents pour aller se réfugier chez son frère et sa belle-s½ur pour se plaindre du caractère exécrable de leur mère ou des punitions injustifiées de leur père. Gordon riait beaucoup de voir son petit frère le supplié de l'héberger, lui racontant avec des yeux de chien battu comme la vie chez les parents était un vrai calvaire. Tom était effectivement un adolescent plein de vie qui multipliait les petites conneries, profitant un maximum de son adolescence et qui, comme tout ado qui se respecte, ne supportait pas ses parents trop souvent moralisateurs.

- Mon Dieu ! Mais où est donc passé le sal gosse qui planquait ses revues porno sous ma commode ? s'exclama Simone, bouche-bée devant son beau-frère, complètement métamorphosé depuis ses 15 ans.

- Simone ! s'empourpra Tom en écarquillant les yeux. J'ai jamais fait ça !

- Peut importe, viens me prendre dans tes bras et raconte moi tout...


Tom leva les yeux au ciel et prit la jeune femme dans ses bras, heureux de retrouver celle qu'il avait considérée comme sa s½ur et qui fut la première à connaître les petits secrets inavouables de son adolescence.

Ils s'installèrent ensuite tout les trois dans le salon et Tom fouilla la pièce de ses yeux curieux.

- Et le p'tit Bill alors ? demanda-t-il, étonné de ne pas l'avoir encore vu.
- Il dort encore mais j'vais aller le réveiller pour le prévenir que t'es arrivé...
- Nan nan laisse-le dormir !
Le coupa-t-il en souriant. Quel âge ça lui fait maintenant ?
- Dix sept.
- Merde tu déconnes...
Tom avait les yeux ronds comme des soucoupes.

Il n'avait pas réalisé que le temps avait autant passé depuis son départ et s'était plutôt attendu à se retrouver face à son p'tit neveu dodu et souriant.

- Putain ça fait vraiment longtemps... souffla-t-il en regardant Simone se rendre à la cuisine. Papa et maman vont bien ?

Le sourire de Gordon s'effaça soudainement et ses yeux se mirent à briller d'une lueur que Tom n'apprécia pas du tout...

...

Pendant ce temps Bill émergeait doucement du profond sommeil réparateur dans lequel il était tombé comme une masse, frottant ses yeux gonflés de la manière d'un petit enfant de huit ans. Il avait l'impression d'être passé sous un rouleau compresseur et s'étira félinement sur son lit, souriant en sentant tous ses muscles se détendre les uns après les autres. Sa journée avait vraiment été éreintante et il pria intérieurement le ciel pour que son année de lycée se termine au plus vite.

Après quelques minutes du rééquilibrage neuronal qui lui était indispensable pour retrouver ses esprits après une sieste, il sortit de sa chambre en direction de la salle de bain dans l'intention de se recoiffer et se remaquiller avant de descendre rejoindre ses parents et son oncle, qui devait certainement être déjà arrivé.

Il traversa donc le couloir et s'arrêta devant la porte de la salle de bain, étrangement éclairée et entre-ouverte. Fronçant les sourcils il s'avança un peu plus et se plaça à la commissure de la porte, la poussant légèrement de sa main manucurée.

Tom, qui n'avait pas réussit à contenir ses émotions après les tristes paroles de son frère avait demandé à Simone s'il pouvait monter à l'étage se rafraichir le visage. Il était donc là, assis sur le rebord de la baignoire de son frère, pleurant silencieusement, le visage incliné vers le sol et les joues ravagées de larmes.

Bill était resté pétrifié devant la porte, l'observant muettement sans oser faire le moindre geste. Il voyait bien que Tom essayait de retenir de gros sanglots, bloquant sa respiration pour s'empêcher de laisser passer les gémissements tout droit sortis de sa gorge que Bill devinait douloureuse.

Mais bien qu'il ai joué avec lui durant son enfance, bien qu'ils aient partagé ensemble de nombreux moments il y a maintenant plus de dix ans, Bill ne connaissait pas cet homme. Il ne connaissait pas cet oncle que sa mère aimait tant et que son père adorait. Et pourtant, lorsqu'il le vit se mettre à trembler violemment et pleurer comme un enfant son c½ur se serra dans sa petite poitrine et ses jambes avancèrent d'elles même, sans qu'il n'en ai réellement conscience. Il se laissa tomber à genoux en face de lui et, écartant les mains de celui-ci de son visage, l'encercla de ses bras sans même réfléchir.

Bill était comme ça. Un garçon affectueux et tendre qui n'avait jamais pu s'empêcher de transmettre sa douceur à qui en avait besoin.

Tom, qui n'avait rien vu venir fut d'abord surprit et dérouter par ce geste tellement insolite qui l'avait fait sursauter. Puis, prenant peu à peu conscience du corps agréablement réconfortant contre le sien, abandonna toute résistance et l'encercla lui aussi de ses grands bras, calant sa tête dans de longs cheveux noirs aux senteurs de vanille et laissant ses larmes couler librement le long d'un coup diaphane encore inconnu.

Ils restèrent comme cela pendant un long moment durant lequel Tom s'efforçait de se calmer, calant sa respiration sur celle du brun sans pour autant desserrer son étreinte. Bill était donc toujours entouré des bras musclés de son oncle et un petit sourire naquit au coin de ses lèvres lorsqu'il sentit une main caresser ses cheveux en une excuse maladroite. Tom avait enfin tari ses larmes et se sentait maintenant gêné, malgré qu'il n'ai toujours pas vu le visage de la personne contre lui. C'est donc tout doucement qu'il se sépara du brun et, essuyant rapidement le reste de larmes au coin de ses yeux, posa pour la toute première fois son regard sur l'androgyne accroupi entre ses jambes.

- Ca va mieux ? Bill souriait timidement, se sentant maintenant idiot d'avoir été si spontané.

Tom observa l'adolescent en face de lui et sentit son c½ur vaciller dans sa poitrine. Bill le regardait de ses yeux noisette encore endormi et Tom mit un temps fou à reconnaître son neveu en face de lui.

- Oui merci je... Putain t'as tellement grandit...

Bill rit doucement devant l'air étonné de son oncle et se releva lentement avant de lui tendre la main.

- En tout cas content d'te revoir. Il fit une courte pose et sourit. Même si la vérité c'est que je ne me souviens pas vraiment t'être déjà rencontré...

- Oui j'comprends,
rit Tom en lui serrant la main maladroitement. Ils étaient tous les deux mal à l'aise et Tom s'en voulu d'avoir fait la connaissance de son neveu de cette façon. J'avoue que si je t'avais croisé dans la rue je t'aurais pas reconnu non plus.

Il luttait intérieurement pour ne pas scruter son neveu trop intensément, l'observant jouer nerveusement avec ses mains sans comprendre comment le petit garçon potelé d'il y a treize ans avait bien pu devenir cet adolescent singulier au regard si saisissant.

- Bill !!!! La table est mise, descend manger !

Les deux hommes sursautèrent en même temps et un sourire gêné mais amusé prit possession de leurs lèvres.

- Bon et bien j'vais y aller, commença Tom en se dirigeant vers le couloir. Et... il se retourna doucement. Merci pour euh..

- Y a pas de soucis.

- Ok.
Il resta immobile un instant. Ok à tout de suite alors.

Et il tourna les talons pour se rendre au rez-de-chaussée.


[...]


Une heure plus tard la famille Kaulitz était regroupée autour de la table. Les discutions allaient bon train et Gordon et Simone ne cessaient d'interroger Tom sur sa vie personnelle, écoutant avec intérêt ce dernier répondre joyeusement à toutes leurs questions, heureux d'être enfin revenu auprès de sa famille qui l'avait tant manqué.

- Je vois que t'as pas hérité de la curiosité maladive de la famille, sourit Tom en fixant son neveu qui se contentait depuis le début du repas de sourire aux anecdotes comiques de son oncle sans prendre la parole. Parle-moi un peu de toi. Le lycée, les amis, les amours...

Bill ne pu s'empêcher de rire en entendant ces dernières paroles et Simone leva les yeux au ciel.

- Bill est un associable, têtu comme une mule et refusant de sortir avec les ados de son âge pour s'amuser un peu, expliqua-t-elle en secouant la tête. Sur ce point on ne peu pas dire qu'il est hérité de toi hein ?? Pourtant c'est à peine si je ne le pousse pas dehors à coup de pieds aux fesses quelques fois... Elle sourit tendrement à son fils et lui ébouriffa la tignasse.

Tom observa Bill baissé la tête vers son assiette et recommencer à manger sans même essayer de se défendre ou de contredire sa mère. Il avait juste rit en recoiffant ses cheveux et s'était reconcentré sur ses pattes, souriant pensivement sans dire mot.

Ses cheveux noirs de jais encadraient son visage pâle et ses lèvres rouges brillaient d'une lueur orangée lorsque de la sauce tomate s'y déposait de temps à autre. Tom était totalement subjugué par sa singularité naturelle, ne pouvant se résoudre à détourner le regard, même lorsque Simone recommença à parler.

...

Quelques minutes plus tard le repas fut terminé et Bill sortit de la maison sans dire un mot, se contentant juste de sourire poliment à Tom en passant devant lui.

Tom le regarda passer la porte et se tourna vers sa belle-s½ur.

- Vous le laissez sortir à cette heure là ? Il risque de rentrer tard si la fête commence seulement.

- Quelle fête ? Simone fronça les sourcils d'incompréhension.

- Ba il va bien à une petite soirée nan ? Tom se revoyait encore à son âge, passant des nuits blanches à faire la fête chez ses amis.

- Bill ? Elle sourit amusé. Bill ne va pas faire la fête. Il sort juste sur le perron lorsque la nuit tombe pour prendre l'air et se changer les idées...

Simone observa l'air étonné de son beau-frère et sourit malicieusement en finissant d'essuyer la table.

- Il n'est pas comme toi tu sais, les fêtes et les conneries c'est pas trop son truc...

- Mais alors il fait quoi de ses soirées, de ses week-ends et de ses vacances ?

- Il reste dans sa chambre ou avec nous.
Elle fit une courte pause et se tourna vers lui. Et ne penses pas que je n'ai pas essayé de le pousser à sortir, je suis toujours en train de lui répéter qu'il doit se faire des amis, que les lycéens sont géniaux et que ses trois ans de lycées devraient être les meilleurs de sa vie... Mais y a rien à faire, plus têtu tu meurs.

Tom écouta attentivement Simone et trouva vraiment dommage que son neveu ne s'ouvre pas plus aux autres. Rester dans sa petite bulle n'est jamais bon pour le moral et il était bien décidé à le faire comprendre à Bill. A dix sept ans on ne sort pas sur le perron de sa maison pour réfléchir, on fait le mur pour rejoindre des filles ou on organise des fêtes durant l'absence de ses parents...
Il prit donc son blouson et sortit à son tour, sous le sourire de Simone qui commençait désormais la vaisselle.

Il devait être vingt-trois heures passé et l'air commençait à se refroidir. Tom descendit les marches du perron et chercha son neveu des yeux, avant de l'apercevoir assis en tailleur au milieu du jardin. Bill semblait tellement imperturbable. Sa réserve et son calme étonnait vraiment Tom qui ne se faisait d'ailleurs toujours pas à l'idée que ce garçon insaisissable était de sa famille. Tout les opposait. Ou du moins tout les aurait opposés à une certaine époque.

Il s'avança silencieusement jusqu'à lui et s'assit à ses côtés, se retenant de ses bras en observant le profil de son voisin qui, surement plongé dans ses pensées, ne l'avait pas encore aperçût. Sa fine silhouette se fondait dans la nuit et de dos, la finesse de ses épaules et l'étroitesse de sa taille auraient trompé n'importe qui sur la nature de son sexe. Bill avait le physique fragile d'une femme et l'esprit insondable d'un adolescent de dix-sept ans. Tom en était fasciné.

- Je ne suis pas associable.

Tom sursauta en s'apercevant qu'il avait tourné la tête et que ses yeux étaient plongés dans les siens.

- Maman dit que je le suis, mais c'est faux, continua-t-il doucement.

Il semblait vouloir se justifier et Tom sourit en le voyant arracher des brins d'herbes de ses fines mains blanches.

- Je sais. Sinon tu ne serais pas venu me voir en m'apercevant dans la salle de bain.

Bill lui sourit timidement et se laissa lui aussi tomber sur ses bras, gardant tout de même les jambes croisées pour observer le noir opaque du ciel.

Sa gorge blanche s'étirait gracieusement sous les yeux troublés de Tom qui détourna le regard en chuchotant.

- Tu aimes être seul ?

Bill tourna la tête vers lui et l'observa un instant, un peu étonné qu'on lui pose cette question.

- J'ai l'air d'aimer être seul ?

- Et bien ta mère m'a dit que tu ne sors jamais et que tu refuse de te faire des amis... Je trouve ça dommage.

- Je n'ai jamais refusé d'avoir des amis
, répondit-il en se redressant. Les lycéens ne sont pas des ados géniaux et sympathiques comme tout le monde à l'air de le pensez alors arrêtez deux minutes de me dire que c'est moi et mon comportement qui clochent. Les gens sont des conards, point.

- Wow...
Tom était ébahi par le soudain changement de comportement de son neveu. Silencieux pendant des heures pour finir par débiter le fond de ses pensées d'une traite. Des conards ? demanda-t-il, bouche-bée.

- Des conards.

Tom sourit devant le ton convaincu et tranchant de son neveu et se redressa pour se rapprocher de lui.

- Les ados sont des conards ok. Mais ça te manques pas de discuter avec des gens quelques fois ?

- On discute là.


Tom leva les yeux au ciel en pensant que Simone n'avait pas exagéré en qualifiant son fils de tête de mule.

- Oui mais j'suis ton oncle. Tu dois bien avoir envie de parler à des garçons de ton âge nan ? Il essayait de faire comprendre à Bill que le contact avec le monde extérieur était vraiment quelque chose d'important. Et les filles alors ? T'as pas une p'tite copine ?

Il observa Bill refouler discrètement une grimace et un sourire attendrit étira ses lèvres.

- Ou un p'tit copain ?

Bill fit volte face et sa bouche s'entrouvrit en une exclamation silencieuse.

- Non je... c'est pas... Il bafouillait, cherchant désespérément ses mots devant le sourire amusé de son oncle.
Deuxième partie

- T'as pas à te sentir mal si c'est le cas...

- Nan. Nan j'ai pas de copain mais...

- Mais tu aimerais ?


Bill avait les joues complètement rouges et il ramena ses bras autour des ses genoux avant d'y poser sa tête.

- Pourquoi je t'en parlerais à toi alors qu'on se connaît même pas ? bafouilla-t-il dans les manches de sa veste.

Tom le regardait, attendri par sa gêne.

- A défaut d'avoir des amis il faut bien que tu trouves quelqu'un à qui te confier de temps à autre nan ?

Bill ne répondit rien, laissant ses pensées envahir lentement son esprit.

De longues minutes passèrent avant qu'il ne reprenne timidement la parole.

- J'aime pas les filles, marmonna-t-il doucement. J'aime vraiment, mais alors vraiment pas les filles.

Tom se tourna vers lui, souriant en entendant ses mots.

- J'aime... Il souffla et ferma les yeux. J'aime les garçons. J'aime les garçons putain. Les garçons. J'aime les hommes, leur masculinité, leur... leur virilité. Putain je crève chaque soir de ne pas en avoir un sous la main alors oui. Oui j'aimerais avoir un copain.

- Et ba pourquoi tu vas pas t'en chercher un alors ?

Bill se tourna vers lui en fronçant les sourcils.

- Ca fait combien de temps que t'as quitté le lycée ? Nan parce-que ça crève les yeux que tu connais pas comment ça fonctionne là-bas.

- Arrêtes de te voiler la face Bill.
Tom s'était complètement tourné vers lui. Y a toujours eu des cons au lycée, c'est pas nouveau ça. Mais y en a plein d'autres ! Et j'peux te dire qu'avec un peu de volonté tu pourrais avoir tout les mecs de ton bahut à tes pieds.

Bill n'en rougit que d'avantage et détourna les yeux sous le rire amusé de son oncle.

- C'est vrai tu sais. Tu ferais chavirer n'importe quel hétéro d'un simple claquement de doigts alors ne reste pas prostré dans ta bulle. T'as dix-sept ans merde, profite de ta jeunesse !

- Et j'fais comment hein ? J'ai jamais abordé personne et mon manque de charisme inspire plus la réserve qu'autre chose.

- Déjà commence par ne plus mettre de barrières entre toi et les gens. Et puis change tes habitudes, j'suis sur que t'es tout le temps avec des écouteurs vissés dans les oreilles par exemple...

- Ouais ba ça déjà c'est mort,
commença-t-il en employant un ton catégorique. La musique c'est ma vie, et partir au lycée sans MP3 c'est comme partir à la guerre à poil et sans flingue.

Tom explosa de rire devant cette comparaison et se laissa tomber en arrière, souriant en pensant que son neveu n'était vraiment pas banal.

- Tu sais quoi ? Il observa le visage diaphane au dessus de lui. J'crois que tu tiens de moi pour ce qui est de l'humour, les blagues de ton père ont toujours été d'un ennui...

Bill gloussa en approuvant et se laissa tomber à ses côtés. Il se sentait étrangement bien en sa compagnie, et jamais au grand jamais il n'aurait un jour pensé avouer son homosexualité à quelqu'un.

- T'es le seul à être au courant tu sais...

Tom tourna la tête vers lui, faisant glisser ses dreads sur l'herbe humide du jardin.

- Et tu regrettes ?

- Nan.

- Bien
. Tom se releva doucement et observa son neveu toujours allongé au sol. J'vais rejoindre ton père...

- Ok.

Il lui sourit et tourna les talons pour rentrer dans la maison. Bill le regarda partir et un n½ud se forma dans son estomac lorsqu'il le vit passer la porte. Un n½ud absurde et insensé.

Il fronça les sourcils et détourna le regard.

[...]


Le lendemain matin Bill s'était réveillé plus léger. Il avait ouvert les yeux et avait sourit en voyant une multitude de rayons s'infiltrer dans sa chambre à travers les rainures de ses volets. Il s'était donc levé et approché de sa fenêtre avant de l'ouvrir et de lentement pousser un premier volet en bois.

Seulement son geste s'était subitement stoppé en apercevant, torse nu et en caleçon, son père et son oncle se battre puérilement dans le jardin.

Gordon venait de tomber à terre suite à un croche-patte bien calculé du dreadé et Bill rit doucement en le voyant se rouler en boule pour essayer de se protéger des assauts de son frère. Tom en profita pour lui sauter dessus, se récoltant ses genoux dans le ventre et Gordon reprit le dessus, essayant de le maintenir au sol en s'y appuyant de tout son poids. Bill observa son oncle se pincer comiquement les lèvres pour empêcher son aliéné de frère de lui faire avaler de l'herbe et ne pu retenir un sourire amusé lorsqu'il le vit lui faire discrètement signe de venir l'aider. Bill secoua négativement la tête en riant et Tom plissa les paupières d'un air qui disait clairement : « attends que j't'attrape petit traître ».

Bill lui envoya un haussement de sourcils digne d'un gamin de six ans et referma sa fenêtre après lui avoir sourit sadiquement.

Son oncle était vraiment un cas.



[...]



Bien évidemment Tom n'avait pas oublié son sal coup et comptait bien se venger d'ici peu. C'est pourquoi le dimanche au soir, lorsque Simone et Gordon furent partit à leur soirée chez des amis, il décida de prendre sa revanche. Il était vingt heure seulement et le soleil commençait doucement à se coucher, laissant trainer derrière lui un flot d'éclaircie roses s'étendant gracieusement à perte de vue. Bill était allongé paresseusement sur un transat, semblant somnoler tranquillement, et même habillé d'un simple jean et d'un tee-shirt XL, Tom relevait en lui cette pointe de candeur féminine qui semblait à chaque instant s'émaner de sa personne.

Il sortit de la maison le plus discrètement possible et se dirigea sur la pointe des pieds vers le tuyau d'eau à quelques mètres de lui. Un sourire diabolique orna ses lèvres lorsque ses doigts s'enroulèrent autour de l'arme du crime et il s'approcha de son neveu aussi félinement qu'une panthère.

Une fois assez proche de l'adolescent il tendit le tuyau devant lui, fermant un ½il et tournant légèrement la tête afin d'anticiper les prochaines éclaboussures.

- Je serais toi je ne ferais pas ça.

Bill venait d'ouvrir les yeux et scrutait son oncle d'un regard noir. Malheureusement pour lui il n'en paru que plus attendrissant et Tom appuya sur la gâchette, se délectant, hilare, du cri strident qui s'échappa de la gorge de son neveu, déjà débout à trébucher sur la terrasse pour tenter de lui échapper.

- Espèce de taré éteint ça !!!!!!!!!!!!

- Petit traitre tu m'as laissé au bras de ton dégénéré de père sans même venir m'aider !


- T'es un grand garçon, t'avais qu'à te..agqfsgluhreq. Tom venait de lui asperger le visage pour l'empêcher de répondre et riait devant le charabia incompréhensible de l'adolescent. Putain éteints-moi ce truc !!!!!

Bill était maintenant immobile, les bras devant le visage, complètement trempé, dégoulinant de partout, le tee-shirt collé à sa peau et le jean lui tombant sur les hanches. Il fixa Tom de ses yeux charbonneux sans faire le moindre mouvement, puis son regard dériva discrètement sur la gauche. Tom lâcha brusquement le tuyau en le voyant s'enfuir vers la fenêtre restée ouverte et se précipita sur lui, bien décidé à lui faire payer le gout de pelouse encore présent dans sa bouche.

- Tu croyais aller où comme ça ? gloussa-t-il en l'attrapant par la taille avant de le balancer sur son épaule, tel un vulgaire sac à patates.

- Tom !

- Tu as encore plein de choses à apprendre sur la vie mon p'tit neveu !
lui dit-il en s'approchant de la piscine. Et l'une d'elle est de ne jamais trahir un membre de sa famille !

Et c'est sur ces dernières paroles que Bill fit un vol plané fantasmagorique dans le bassin, poussant un hurlement suraigu qui s'étouffa lorsque sa tête plongea sous l'eau.

Tom était pour le moins fier de lui et fixait le bassin en souriant, attendant que Bill remonte à la surface pour l'assener des pires insultes. Il attendit un peu, riant en se remémorant la tête de son neveu lorsqu'il avait aperçu le bassin et se déplaça sur les dalles humides au cas où celui-ci tenterait une quelconque attaque.

Le soleil était de plus en plus bas dans le ciel et le fond de la piscine restait d'une obscurité floue. Tom attendit encore de longues secondes et fronça les sourcils.

Pourquoi Bill ne remontait-il pas ?

Les battements de son c½ur s'accélérèrent en une fraction de secondes et son sourire amusé se fana lentement.

- Bill ?!

C'est en entendant sa propre voie trembler en appelant l'adolescent que Tom commença réellement à paniquer. Il s'accroupi au sol et balaya la piscine de son regard inquiet, à l'affut de la moindre bulle d'air, du moindre mouvement.

Puis un détail le frappa de plein fouet. Il ne connaissait rien de son neveu et n'avait pas demandé à Bill s'il savait nager. Son sang ne fit qu'un tour et il plongea dans l'eau, s'enfonçant rapidement dans le bassin alors que son pouls battait frénétiquement contre ses tempes.

Quelques instants plus tard il remontait à la surface le corps inerte de Bill, nageant furieusement jusqu'au bord du bassin, le c½ur battant.

Il l'allongea rapidement sur le sol encore humide et c'est en tremblant qu'il enjamba son corps. Qu'avait-il fait ? Il n'attendit pas une seule seconde de plus et hurla le prénom de son neveu, claquant son visage diaphane d'abord doucement puis de plus en plus violement. La peur avait prit possession de tout son être et c'est en observant le visage inconscient sous lui que la panique s'empara également de lui. D'un geste affolé il entrouvrit la bouche de son neveu et se rua sur ses lèvres dont il trouva la pâleur effrayante.

Ca ne pouvait pas arriver. Ca ne pouvait tout simplement pas arriver se répétait-il inlassablement en essayant de communiquer à son neveu le plus d'oxygène possible. Bill allait tout simplement se réveiller, il n'y avait pas d'autres solutions. Il allait tout simplement se réveiller et...

- Bill ?

Tom avait brusquement relevé la tête. Il aurait juré avoir senti la poitrine de son neveu se soulever contre son torse.

Seulement Bill était toujours mouillé et immobile sous lui et c'est en jurant qu'il se réempara des lèvres adolescentes, priant le ciel que tout ne soit qu'un cauchemar. Ses mains précédemment inertes se déplacèrent sur le visage de Bill en c'est en se rendant compte qu'il avait oublié de prendre son pouls que ses doigts se placèrent sur sa gorge. Les lèvres toujours pressées contre celles du brun, Tom sursauta en sentant les premiers battements de c½ur.

Bill était en vie.
Bill était en vie mais... quelque chose clochait. Sous la fine peau blanche, Tom pouvait sentir les pulsations précipitées et irrégulières battre contre ses doigts. Et ses yeux s'écarquillèrent.

Le c½ur de Bill battait beaucoup trop vite pour une personne censée être inconsciente...

Seulement il n'eu pas le temps d'approfondir la question qu'il sentit un souffle chaud pénétrer sa bouche. Il stoppa instantanément tout mouvement et sa respiration se coupa lorsque les lèvres jusqu'ici inertes se mirent à trembler sous les siennes. Tom pouvait sentir Bill respirer avec lui. Il respirait avec lui et toute la pression emmagasinée depuis quelques minutes s'échappa de son corps. Son neveu était réellement sauvé.

Il s'apprêtait d'ailleurs à fermer les yeux de soulagement lorsqu'il sentit les lèvres humides de Bill capturer tout doucement les siennes.

C'était une simple accroche, une morsure indolore et fébrile. Un effleurement appuyé qui fit accélérer son c½ur en une fraction de seconde. Bill était-il réellement conscient de ses gestes ?

Une décharge électrique traversa tout son corps lorsque, tendrement, l'androgyne tira sur sa lèvre inférieure. Tom avait les yeux grands ouverts. Bill tentait timidement de l'embrasser, et, s'en qu'il n'y puisse quoi que ce soit, il entrouvrit lentement ses propres lèvres afin de répondre à la demande silencieuse de l'adolescent. Une demande silencieuse, choquante et au combien immorale.

Le c½ur de Bill battait douloureusement dans sa petite poitrine et il cru défaillir lorsqu'il sentit la bouche de Tom se presser lentement contre ses lèvres. Ce qu'ils faisaient était indécent, et pourtant le baiser de son oncle lui fit perdre la tête.

Ses lèvres, leurs lèvres étaient glissantes et ruisselante d'humidité, alors comment leurs bouches auraient-elles pus ne pas se heurter ? Elles glissaient l'une sur l'autre sans que rien n'ai pu les en interdire... C'était la suite logique des choses. Tom avait eu si peur. Ils se rassuraient l'un l'autre, se prouvant par un contact physique que la crise était passée, qu'il y avait eu plus de peur que de mal...

Ce n'était qu'un simple baiser...

Un simple et innocent baiser qui fit pourtant gémir Bill lorsque la langue de Tom vient câlinement retracer le contour de ses lèvres, réveillant ainsi les centaines de papillons qui semblaient dormir au creux de son ventre.

Les mains de Tom caressaient tendrement les joues du plus jeune et Bill s'empara brusquement de sa nuque lorsqu'il le sentit entamer un mouvement de recul. Il s'agrippa à lui de toutes ses forces et écrasa violemment ses lèvres contres les siennes, ouvrant les yeux afin de lui faire passer toute la détresse qui l'accablait. Ses doigts s'agrippèrent désespérément aux dreads du blond et Tom ne pu retenir un gémissement grave de sortir de sa gorge. Bill lui demandait de rester. Bill lui demandait de ne pas casser ce baiser et un éclair de tendresse traversa ses pupilles lorsqu'il croisa son regard fiévreux. Il agrippa ses cheveux mouillés de ses deux mains, faisant glisser ses doigts entres les mèches humides et le rallongea au sol, s'appuyant sur lui pour dévorer sa bouche tellement désirable.

Tout leur échappait. Tout leur échappait et l'expression de leurs visages n'était même plus euphorique ou passionnée, elle était juste douloureuse. Chaque caresse, chaque contact les déchiraient. Leur baiser avait un gout de douleur et d'interdit. Un arrière goût de honte et de dernière fois...

Pourtant Bill vivait son premier baiser. Son premier baiser avec un homme. Des larmes coulèrent sur ses joues et un sanglot incontrôlé s'échappa d'entre ses lèvres. Il aurait voulu que Tom ai 17 ans, il aurait voulu l'embrasser et recommencer, encore et encore sans jamais s'arrêter...

Il aurait également voulu se persuader qu'il ne ressentait rien pour l'homme qui butinait sa gorge au dessus de lui. Mais il n'en était rien et le c½ur de Bill se déchira lorsque Tom stoppa lentement le baiser pour planter ses yeux dans les siens.

- Pourquoi...

Il avait dit ça dans un souffle, laissant son c½ur parler pour lui. Des centaines de gouttes dévalaient le visage de son oncle immobile au dessus de lui et il du se contenir pour ne pas l'attraper par la nuque et sceller leurs lèvres une secondes fois. Son oncle le dévisageait. Tom le dévisageait et Bill se força à croire que ce qu'il lisait dans ses yeux n'était pas des regrets.

- Je n'aurais pas du Bill, je suis désolé...

Il prit la joue de son neveu au creux de sa main et l'a lui caressa tout en s'excusant. Il avait merdé sur ce coup là et c'est en voyant les yeux de Bill s'humidifier qu'il prit réellement conscience de la gravité de son erreur.

- Tu regrettes...?

La voix de Bill tremblait et le c½ur de Tom se serra dans sa poitrine.
Il se serra douloureusement.







# Posté le jeudi 09 avril 2009 05:47

Modifié le mercredi 06 mai 2009 12:54

Partie 2

Partie 2
Troisième partie...

- Oui...

Comment aurait-il pu lui avouer que chaque parcelle de son corps, aussi infime soit-elle, brulait d'envie de surplomber une nouvelle fois son corps d'adolescent fragile... Il n'en avait pas le droit. Il n'en avait tout simplement pas le droit.

Alors à la place il avait menti, se mordant l'intérieur joues en voyant Bill hocher la tête en retenant ses larmes.

- Ok... Ok c'est pas grave c'était juste.. Il hochait la tête nerveusement, sa voix n'étant plus qu'un murmure étranglé. Tu regrettes, moi aussi... Y a pas de soucis, je...

Il s'était brusquement éloigné du corps de son oncle avant de se remettre debout, se sentant nauséeux à la sensation de vide qui venait d'accabler son c½ur d'enfant.

- Bill je suis désolé je_

- Nan !
Il sursauta en s'entendant crier et se retourna vers Tom. Nan t'as raison, je sais pas ce qui m'as prit c'était... C'est rien, t'as juste eu peur, on a juste eu peur, je.. Y a pas de soucis ok ?

- Bill...

- Je vais y aller, mes fringues sont trempées et je... Je vais y aller.


Il n'attendit pas une minute de plus et se précipita vers la maison, trébuchant à de nombreuses reprises avant d'atteindre les escaliers. Les larmes s'étaient rapidement taris le long de ses joues pour aller se nicher dans sa gorge en un n½ud douloureux et plus aucune goutte d'eau salée ne coulait sur son visage. Il était comme absent et son esprit était d'une inertie contradictoire contrastant complètement avec l'affolement qui semblait s'être emparé de son corps. Il couru jusqu'à sa chambre sans même se retourner et claqua la porte, se laissant lentement glisser le long du bois vernis pour poser ses paumes à plat sur le sol. Le sang pulsait dans ses veines et une flaque d'eau sortie tout droit de l'imprégnation de ses vêtements se rependit lentement autour de lui. Puis, tout doucement, comme si la réalité lui revenait peu à peu à l'esprit, ses paupières se fermèrent et il prit son visage entre ses mains avant de se balancer nerveusement d'avant en arrière. Son corps butait en rythme contre le bois à chaque mouvement de balancier et c'est en sentant une nausée lui serrer les entrailles qu'il enfonça sa tête entre ses genoux.

Il ne devait pas pleurer. Il n'avait aucune raison de pleurer... Mais alors pourquoi son c½ur battait si fort dans sa poitrine ? Ses poings tirèrent furieusement sur ses cheveux alors que la réalité le frappait en pleine face. Il avait honte... De toute sa vie il n'avait jamais eut aussi honte. Des larmes d'horreur coulèrent sur son jean et un sanglot incontrôlé s'échappa de sa gorge.

Il s'était complètement humilié...

Comment pourrait-il de nouveau regarder son oncle dans les yeux... Il l'avait embrassé. Il venait d'emballer son oncle. Cette fatalité lui valu un violent haut-le-c½ur et il se rua vers la salle de bain où il se laissa tomber devant les toilettes. Il avait caressé la langue de son oncle avec la sienne, capturé sa lèvre de ses dents...

- Putain...

Il plaqua lamentablement sa main contre son visage, comme si fermer les yeux sur la réalité allait effacer sa honte et il s'adossa à la baignoire.

Comment avait-il pu faire une chose pareille...


[...]


De son côté Tom était toujours immobile dans le jardin et observait la piscine d'un regard absent. Le soleil ne s'était toujours pas couché, semblant vouloir connaître le fin mot de cette histoire déroutante dont il avait été témoin et un fin souffle d'air frais glissa sur son visage fermé, glaçant sa peau encore humide. Il ne comprenait pas ce qui avait bien pu se passer pour qu'il en arrive là. Il avait juste voulu s'amuser un peu. Il avait juste voulu taquiner son neveux, cet adolescent si renfermé qu'il n'arrivait pas à définir.

Des bribes de leur conversation le soir de son arrivée lui revinrent en mémoire et il ferma lentement les yeux en souriant tristement. Il avait été tellement heureux qu'il fasse de lui son confident le temps d'une soirée... Les confidences du brun lui avaient rappelé les siennes, avouées quelques années plus tôt à la femme qui s'avéra plus tard devenir sa belle-s½ur.

Mais Bill lui avait avoué son homosexualité à lui. Et maintenant Tom avait l'impression de s'être servi de ça, de s'être servi de son secret et d'avoir abusé de son récent désir pour les hommes.

- Putain...

Il passa la paume de ses mains sur son visage et se releva doucement. Il devait aller s'excuser auprès de Bill, lui expliquer qu'il ne devait surtout pas tenir compte de ce baiser, ne pas le considérer comme sa première expérience, il ne voulait pas lui voler ça. Il n'avait pas le droit de lui voler son premier baiser. Tom avait bien vu le regard de l'androgyne lorsqu'il lui avait dit qu'il regrettait, il avait vu les larmes qui y brillaient et espérait du fond du c½ur ne pas l'avoir blessé sans le vouloir. Bill ne devait pas voir ce baiser sous un autre angle que celui d'un malencontreux accident, une erreur qui, Tom l'espérait, n'aurait aucune conséquence sur l'adolescent qu'il appréciait tout particulièrement.

Il prit son courage à deux mains et se dirigea vers la maison, marchant d'un pas décidé en essayant de se persuader intérieurement que Bill allait tout simplement passer l'éponge et lui sourire de son air tendre. Seulement une fois arrivé devant la chambre du brun tout son courage s'envola et son poing resta en suspend près de la porte en chêne. Et si Bill lui en voulait ? Et si il décidait de ne plus lui adresser la parole ?

- Tom ?

Tom fit volte face et cru sentir son c½ur se décrocher en voyant Bill debout à côté de lui.

- Désolé j'voulais pas te faire peur mais tu semblais attendre quelque chose alors...

- Nan nan y a pas de soucis. Il
lui adressa un petit sourire gêné et se retourna complètement vers lui. En fait je voulais te parler.

- Oh... Bill était vraiment mal à l'aise, il venait tout juste de se remettre de ses émotions et se frappa mentalement de ne pas être resté dans la salle de bain. Ba viens entre, j'étais dans la salle de bain pour euh... enfin bref, entre.

Il passa devant son oncle en tremblant et le fit entrer dans sa chambre, lui désignant son lit alors qu'il s'asseyait sur sa chaise. Tom se posa donc sur le lit et se tourna vers Bill qui semblait soudainement porter une attention toute particulière à la moquette. Sa gêne le fit sourire et il s'approcha un peu plus de lui, posant ses fesses sur le bout du matelas.

- Eh... Sa voix n'était qu'un doux murmure et Bill releva timidement la tête. Ca va ?

Le c½ur de Bill battait à tout rompre et les yeux de son oncle, plantés dans les siens, l'empêchaient tout simplement de répondre à sa question. La présence de Tom l'impressionnait à un point inimaginable et il du faire un effort surhumain pour ne pas baisser les yeux devant le regard chocolat qui semblait le ravager un peu plus chaque seconde.

- Bill j'espère vraiment que tu ne m'en veux pas pour ça, commença-t-il calmement. Je t'apprécie vraiment beaucoup et je ne veux pas que tu m'en veuille pour ma connerie... Je suis vraiment désolé et je m'excuse encore une fois, c'était complètement déplacé de ma part et je_

- Arrête.

- ..je/... quoi ?

- Arrête,
répéta-t-il un peu plus fermement. Tu t'excuses depuis tout à l'heure mais t'as rien fait de mal, c'est moi qui t'es embrassé. Alors arrête.

- Je... Tom était un peu déstabilisé par les propos du brun. Oui mais tu venais de reprendre connaissance, t'étais pas dans ton état normal alors je comprends que t'aille pu être déstabilisé et_

- Je regrette rien...


La phrase de Tom resta en suspend et sa gorge se noua en apercevant le regard de son neveu.

- Quoi ?

Bill baissa la tête vers ses chaussettes encore humides et c'est la peur au ventre qu'il continua.

- Je regrette pas alors arrête d'essayer de me trouver des excuses parce-que j'étais tout à fait conscient de ce que je faisais... chuchota-t-il. Il fit une courte pause et continua encore plus bas, sentant ses yeux s'humidifier. En fait je crois que... peut-être que/ que tu me plais et... Ca me fait peur je... J'ai peur d'avoir fait ça parce que tu m'plais, tu/.. Pourquoi est-ce que je t'aurais embrassé sinon ?

Bill le fixait maintenant sans ciller et la sincérité avec laquelle il lui avait dit cette dernière phrase lui noua l'estomac. Puis une éventualité qu'il n'avait pas envisagée lui glaça le sang... Serait-il possible que Bill se croit ... amoureux? Si c'était le cas Tom était vraiment dans de beaux draps. Comment expliquer à son neveu qu'il se trompait totalement et qu'il ne s'était pas réellement entiché de lui, que le béguin qu'il pensait avoir pour son oncle n'était qu'une mauvaise interprétation...

- Dis pas ça Bill...

- Pourquoi ...

- Parce-que...t'as dix-sept ans et...
Il cherchait ses mots, essayant vainement de rester crédible devant les yeux tendres qui l'observaient sans comprendre. A dix-sept ans c'est normal de vouloir essayer de nouvelles choses, t'as découvert ton homosexualité il y a pas longtemps alors... alors je comprends que t'es fait ça sans réfléchir. Et je t'en veux pas du tout au contraire, j'étais le seul homme dans ton entourage à ce moment là alors... alors je comprends ton geste et t'as pas à t'en faire parce-que_

- Si j'avais voulu embrasser n'importe quel gars je l'aurais fait à mon lycée, le coupa-t-il en fronçant les sourcils.

- Bill... souffla Tom en prenant sa tête dans ses mains. Bill maintenant tu vas m'écouter. Il releva les yeux et planta son regard dans le sien. Tu m'as embrassé parce que justement tu n'a aucun lien avec les ados de ton âge. Il fallait absolument qu'il le rassure et qu'il lui fasse comprendre que son geste n'était pas réfléchit. Je ne dis pas que tu dois regretter ce qui c'est passé, mais je ne veux pas que tu penses que tu l'as fait par... par attirance ok ? Il se leva et prit les mains de son neveu dans les siennes. Et par pitié arrêtes d'avoir peur des autres, t'as un charme incroyable alors s'il te plait sort de ta bulle et va faire chavirer les c½urs ! Il posa sa main sur sa joue et la caressa en souriant. Je suis ton oncle et ça serait un crime de ma part que de ne pas te faire prendre conscience de tout ce que tu rates... Alors oublie ça d'accord ? Ce n'était pas intentionnel alors oublie. Ou mieux, serres-t-en pour la suite, utilise le pour t'aider à te trouver un copain... ok ?

Bill l'observa sans rien dire, les mots restant coincés au fond de sa gorge. Jamais personne ne lui avait parlé de cette manière et ses yeux brillèrent face au regard maintenant familier qui le scrutait à seulement quelques centimètres de son visage. Il était complètement désorienté et c'est d'une voix presque désespérée qu'il s'adressa à son oncle.

- Alors explique-moi pourquoi j'ai encore envie de t'embrasser ?

Le c½ur de Tom loupa un battement mais c'est sans rien laisser paraître qu'il prit son neveu dans ses bras en souriant.

- Ca c'est les hormones Bill... Il rit doucement et se replaça devant l'androgyne. A ton âge c'est normal mais sur ce point j'peux rien faire pour toi, ça passera tout seul...

Il souriait sereinement à l'adolescent alors qu'en lui une tempête faisait rage. Les paroles du brun raisonnaient dans sa tête et il priait intérieurement le ciel pour que les hormones soient réellement la seule explication possible.

Il se redressa et lui lança un sourire taquin.

- En même temps je comprends que tu sois frustré et puis faut dire que je suis TELLEMENT attirant !

Faire retomber la pression était la meilleure chose à faire et Bill se mit à rire avant de lui balancer sa trousse dans la figure. Il était heureux de pouvoir encore rire avec son oncle malgré cette conversation plus qu'embarrassante mais il était surtout soulagé d'avoir enfin trouvé une raison à ce sentiment étrange et effrayant qui l'accablait en présence de Tom.

- Je suis pas frustré et je sais parfaitement comment me satisfaire ! s'exclama-t-il en souriant.

- A oui ? Ca ça m'étonnerait... Tom se retourna, marmonnant dans sa barbe ...sainte nitouche.

- Oh ! Dépravé !

- Puceaux !


Bill gloussa et le jeta hors de sa chambre, l'assenant d'un coup dans les côtes avant de le pousser contre le mur du couloir.

- T'as pas honte de parler comme ça à ton neveu ? Espèce d'oncle indigne...

Il avait dit ça en plissant les yeux alors qu'un sourire amusé prenait place au coin de ses lèvres. Le malaise était complètement dissipé. Tom s'approcha alors de lui en haussant les sourcils, et c'est avec le même sourire en coin qu'il lui répondit.

- Genre t'es choqué...

- Complètement.

- Quoi qu'il en soit demain tu retourne au lycée et je veux que tu te mélange aux autres...

- Parce qu'en plus d'être vulgaire et prétentieux tu te crois assez sage pour te considérer comme mon père ?


Bill était négligemment adossé à l'encadrement de la porte, le sourire jusqu'aux oreilles.

- De toute manière tu pourras plus te cacher derrière tes écouteurs alors faudra bien que tu engage la conversation !

Et c'est en souriant malicieusement qu'il laissa son neveu dans le couloir, redescendant lentement les escaliers. Bill fronça les sourcils et en comprenant enfin de quoi son oncle parlait il se rua dans sa chambre, se dirigeant vers son bureau en courant.

Bien évidemment son MP3 n'y était plus et il se laissa tomber sur son matelas en jurant contre le blond qui riait sous cape un étage plus bas.

Bill ramena sa couette sur son corps et, se recroquevillant tel un enfant, caressa ses lèvres du bout des doigts. Ca ne pouvait être que les hormones, pensa-t-il en fermant les yeux. Il laissa sa tête s'enfoncer un peu plus dans l'oreiller et ses pensées dérivèrent lentement vers les paroles de son oncle.

Tom avait raison, il fallait vraiment qu'il se trouve un copain...

[...]


Bill n'avait pas recroisé Tom le soir de leur discussion et s'était directement endormi, se contentant seulement de se dévêtir de son jean trempé avant de plonger dans un profond sommeil réparateur jusqu'au lendemain matin. Matin qui s'avéra d'ailleurs douloureux compte tenu de l'imposante érection matinale qui s'étirait fièrement entre ses jambes.

Soufflant de frustration en constatant l'intensité inhabituelle de celle-ci, Bill souleva lentement son boxer tendu et, se remémorant le rêve peu catholique qu'il venait de faire, fixa sa verge d'un regard noir. Il devait absolument se trouver un copain...

(...)

Une heure plus tard il arrivait devant son lycée et, levant les yeux au ciel au souvenir des paroles moralisatrices de son oncle, s'empêcha de rentrer directement dans l'établissement et bifurqua vers un endroit tranquille accessible au reste des étudiants. Il observa un peu les alentours et, pestant contre son MP3 qui n'était pas là pour lui remonter le moral, fouilla dans la poche de sa veste pour en sortir son paquet de cigarettes.

Il n'avait pas pour habitude de fumer devant le lycée et se surprit lui-même à apprécier ce petit moment de détente avant le commencement des cours. Il s'adossa à un des nombreux arbres encadrant l'imposante entrée de l'établissement et tira sur sa clope.

- Excuse-moi, t'aurais du feu ?

Il sursauta violemment à l'entente de cette question et se retourna précipitamment, faisant soudainement face à une paire de lunettes noires et un petit sourire amusé. Un garçon d'environs son âge se tenait debout devant lui et plusieurs secondes furent nécessaires à son cerveau amorphe avant qu'il ne reprenne ses esprits.

- Oh euh... Oui oui tiens.

Il lui sourit timidement et fourra sa main libre dans sa poche à la recherche de son briquet.

- Je savais pas que tu fumais... amorça le blond en souriant.

Bill releva vivement la tête. Est-ce qu'il connaissait ce mec ? Il détailla plus précisément son visage à la recherche d'un quelconque détail qui lui rappellerait l'avoir déjà rencontré et fronça les sourcils.

- Euh... Excuse moi mais, est-ce qu'on se connaît ? demanda-t-il timidement.

- Nan nan, répondit le blond précipitamment. C'est juste que j'te vois passer tous les matins et que tu ne t'es encore jamais arrêté pour fumer, expliqua-t-il, gêné. Ses joues étaient légèrement roses et Bill sourit intérieurement.

- Oh, et bien tu sais... j'aime pas trop rester glander dehors alors... Il sourit et lui tendit son briquet.

L'adolescent s'apprêtait à l'attraper lorsque Bill approcha soudainement le briquet de la cigarette coincée entre ses lèvres.

- Tiens...

Le blond l'observa en rosissant et se rapprocha timidement des mains de Bill qui lui alluma sa clope.

- Merci, bredouilla-t-il en détournant les yeux.

- De rien.

Bill rangea son briquet et fixa l'adolescent.

- Je m'appelle Bill.

- Thomas.


L'androgyne sourit intérieurement à l'entente de ce prénom et il serra la main du blond en priant le ciel pour que son oncle sorte de son esprit.

- Bon et bien j'vais y aller... Merci pour le feu en tout cas !

Il adressa un bref sourire à Bill et se dirigea vers l'entrée du lycée où une bande de copains l'attendaient. Les yeux de Bill dévièrent instantanément sur le bas de ses reins et un nuage de fumée s'échappa d'entre ses lèvres.

- Gott...

Il devait certainement avoir l'air d'un mec totalement en manque à fixer son cul aussi ouvertement mais ne pouvait se résigner à détacher ses yeux de ce fessier si ferme et apetissant. Seulement son matage intensif s'arrêta instantanément lorsqu'il remarqua qu'une bande de jeunes l'observait à quelques mètres de lui et il détourna le regard. Ses yeux parcoururent le petit groupe de lycéens et il reconnu à son plus grand malheur les connards sans cervelles responsables des bleus sur ses côtes. Il serra imperceptiblement ses poings dans ses poches et jeta sa clope après une dernière taffe. Ces cons devaient certainement l'avoir observé parler avec Thomas et il pouvait déjà imaginer les futures représailles. Un des mecs se tourna vers lui et Bill eu juste le temps de le voir se caresser l'entre jambe en riant avant de tourner rageusement les talons, se dirigeant rapidement vers le lycée. Quelle bande d'attardés, pensa-t-il en franchissant les portes.






Quatrième partie...


La journée se déroula plutôt rapidement et bien que Bill n'ait pas recroisé le grand blond à lunettes dans les couloirs, un petit sourire ornait parfois ses lèvres charnues au souvenir de la timidité du garçon quelques heures plus tôt. Cette petite discution matinale improvisée avait eu le mérite d'égailler le quotidien morne et pâle de sa journée et il pensait même retenter l'expérience le lendemain, dans l'infime espoir de pouvoir reparler à cet adolescent aux semblants sympathique et pourquoi pas même devenir son ami.

Cette éventualité pour le moins insoupçonnée le fit sourire d'autant plus et il se laissa aller à s'imaginer en compagnie d'un ami, ce genre de personne qui de sa simple présence anime et rythme nos journées sans qu'on ne s'en rende finalement compte...

Bill était plutôt fier de lui à vrai dire, il avait écouté les conseils de Tom et avait engagé la conversation avec quelqu'un... Les ados n'étaient peut-être pas tous des connards pensa-t-il en souriant. Il rajusta la bandoulière de son sac et traversa la rue après être sortit de son lycée. Le soleil était encore haut dans le ciel et il se surprit à être impatient de parler de cette rencontre à Tom. Mine de rien il avait finalement eu raison de le pousser à s'ouvrir davantage, Bill se faisait vraiment trop d'apriori sur les lycéens.

Il tourna au coin d'un immeuble et son sourire se fana quelque peu en sentant l'ombre du bâtiment intercepter les rayons chauds du soleil. Il enfonça les mains dans ses poches en sentant un courant d'air frais s'infiltrer sous sa veste et accéléra légèrement le mouvement. Seulement au bruit de ses baskets claquant contre le bitume s'ajoutèrent petit à petit d'autres bruits de pas. Les bruissements quasi-inaudibles au départ se firent progressivement plus distincts et sonores et c'est imperceptiblement qu'il accéléra la cadence.

Puis son c½ur loupa un battement. Les pas suivaient son rythme.

- Pourquoi t'accélères... chuchota une voix à quelques mètres de lui.

Plusieurs rires s'élevèrent dans l'air chaud de cette fin d'après midi et son c½ur s'emballa instantanément dans sa poitrine. Il n'était vraiment pas d'humeur à se faire emmerder.

Derrière lui six adolescents l'observaient en raillant et un intense et mauvais pressentiment le fit serrer les poings avec angoisse sur la bandoulière de son sac. Puis il les entendit brusquement se mettre à courir derrière lui et une décharge d'adrénaline traversa tout son corps. Ses jambes démodèrent sans qu'il ne s'en rende compte et quelques secondes plus tard il courrait de toutes ses forces à travers les parkings extérieurs. Ses jambes crispées et tendues sillonnèrent avec précipitation plusieurs trottoirs sombres et un soudain sursaut d'effrois lui traversa les entrailles lorsque plusieurs minutes plus tard il fit face à un cul de sac. La panique s'infiltra vivement dans chaque parcelle de son corps et ses yeux se fermèrent de frayeur et d'appréhension alors qu'il pouvait sentir son pouls battre à tout rompre contre ses tempes.

Il les entendit ralentir peu à peu derrière lui et c'est en tremblant qu'il retint son souffle. Une main l'attrapa immédiatement par le col de sa veste en cuir et l'image de Tom apparut dans son esprit lorsque le premier coup de genou lui frappait l'estomac.

- Espèce de p'tit pédé tu crois qu'on t'a pas vu ce matin ?!

Il n'eut pas le temps de gémir qu'un deuxième coup le frappa de nouveau.

- Tu m'étonnes ! Il bandait comme un phoque le salaud !

Plusieurs rires graves résonnèrent contre les parois métalliques des garages individuels et Bill sentit avec horreur un corps se coller derrière lui.

- Vu qu'tu parles jamais à personne on avait fini par croire que tu l'étais p't'être pas... continua celui semblant le plus âgé en s'avançant vers lui.

La peur l'empêchait de faire le moindre mouvement. Ils étaient maintenant quatre autour de lui et un mélange de terreur et d'incompréhension prit possession de son corps lorsque d'un même mouvement ils se rapprochèrent.

- Mais finalement on avait raison...
- A quoi tu pensais en le matant ?
Chuchota le grand brun en appuyant son bassin contre ses hanches. Nan parce que j'suis curieux tu comprends...

Sa respiration se coupa subitement en sentant un sexe en érection se presser contre ses fesses et un haut-le-c½ur lui serra les entrailles, envoyant un éclair de terreur électriser sa poitrine.

- Tu pu la pédale à trois kilomètres... chuchota l'adolescent au creux de son oreille.

Un sanglot douloureux lui noua la gorge et il du se mordre les joues afin de ne pas laisser ses yeux briller. Ces paroles lui brisaient le c½ur autant qu'elles lui donnaient envie de frapper.

- Ca te plairais qu'on te la mette tous un par un hein ?!
- Ou alors deux par deux, ça te ferais grimper au rideau salope...


Une main glissa lentement contre son entre jambe et Bill écarquilla les yeux. Le temps s'arrêta subitement dans son esprit et il vit blanc l'espace d'une seconde. Tous ses sens se décuplèrent instantanément et c'est avec une force insoupçonnée qu'il les repoussa en hurlant.

- Allez vous faire foutre connards !!!!

Un mollard tout droit sortit de sa gorge s'écrasa contre le visage d'un des adolescents et la suite se passa très rapidement. Il n'eut pas le temps d'analyser les conséquences de son geste que déjà sa tête heurtait douloureusement le sol.

Les lycéens ne sont pas des ados géniaux et sympathiques comme tout le monde à l'air de le pensez alors arrêtez de me dire que c'est moi et mon comportement qui clochent...

Un cri aphone déforma sa bouche lorsqu'il sentit les pointes de leurs baskets s'enfoncer violemment dans son ventre et un hurlement de douleur s'échappa de sa gorge lorsqu'un des adolescents frappa le bas de ses reins avec ferveur.

J'aime les garçons putain. Les garçons. J'aime les hommes, leur masculinité, leur... leur virilité.

Des larmes de douleur coulèrent sur ses joues et ses yeux se révulsèrent lorsque d'un commun accord ils le frappèrent simultanément.

Arrêtes de te voiler la face Bill, des cons y en a toujours eu, c'est pas nouveau ça...

Rien n'était épargné et un puissant gémissement de douleur vibra entre ses lèvres lorsque ses doigts furent écrasés et frotter contre le bitume. Son visage ravagé de larmes fut peu à peu bariolé d'ecchymoses et une profonde entaille déchira son arcade.

Quoi qu'il en soit demain tu retourne au lycée et je veux que tu te mélange aux autres...

Au bout de quelques minutes qui lui parurent interminables les coups cessèrent et il se fit violemment retourner sur le dos. Ses bras se retrouvèrent pliés douloureusement derrière lui et une plainte étouffée s'échappa d'entre ses lèvres lorsqu'il sentit une basket s'abattre sur son visage.

Je suis pas associable...

Les coups de pieds reprirent à tour de rôle.

Maman dit que je le suis. Mais c'est faux...

De la bile semblait remonter le long de sa gorge et son estomac écrasé avec acharnement se crispa convulsivement à un nouvel assaut d'une violence insoutenable.

Sort de ta bulle et va faire chavirer les c½urs...

Deux des plus vieux garçons s'agenouillèrent en face de lui et lui écartèrent outrageusement les cuisses alors que le pied d'un autre s'écrasait durement contre son entre jambe.

- T'aime ça hein ???!!! Sal pédé !
- Ouais sal pédé !


Il ouvrit lentement ses paupières endolories et un sanglot incontrôlé s'échappa de son c½ur lorsque l'adolescent commença des mouvements de va et viens contre son bas ventre.

T'as dix-sept ans merde, profite de ta jeunesse...

Ils le regardaient tous en riant, observant avec démence la basket noire se frotter contre le jean.

Et j'fais comment hein ? J'ai jamais abordé personne...

Des insultes toutes plus crues les unes que les autres passaient la barrière de ses tympans et de toute sa vie Bill ne s'était sentit aussi humilié.

Déjà commence par ne plus mettre de barrières entre toi et les gens...

Ses yeux se fermèrent malgré lui sous la honte et la fatigue, et sa vue déjà brouillé par ses larmes s'éteignit doucement.

Je suis ton oncle et ça serait un crime de ma part que de ne pas te faire prendre conscience de tout ce que tu rates...

Les ados continuèrent de s'amuser avec son entre-jambes encore quelques minutes puis, se lassant des gémissements et des pleurs de l'adolescent, s'éloignèrent progressivement de lui, l'assenant tout de même des plus blessantes obscénités avant de tourner les talons.

L'immeuble cachait toujours son corps pâle des rayons chauds du soleil et Bill se recroquevilla lentement sur lui-même. La douleur semblait bruler chaque parcelle de son corps et un sanglot amer sortit de ses lèvres lorsqu'il se rendit compte que seulement dix minutes s'étaient écoulées depuis qu'il avait quitté le lycée...

Je suis ton oncle et ça serait un crime de ma part que de ne pas te faire prendre conscience de tout ce que tu rates...

Son piercing avait été arraché et un écoulement de sang trop épais pour être retenu par ses longs cils s'immisça lentement dans son ½il, ensanglantant la pupille noyé de larmes. Il resta au sol de longues minutes puis, aussi lentement que ses membres inférieurs le lui permirent, se redressa sur ses jambes maculés de bleus. Se mettre debout lui fit tourner la tête et il du serrer la mâchoire lorsqu'il amorça enfin le premier mouvement. Son corps et son visage le brûlaient et il lui semblait que ses jambes allaient céder d'une secondes à l'autre.

Ses yeux ne reflétaient plus la moindre émotion et à chaque pas supplémentaire l'éclat de ses pupilles semblait s'éteindre un peu plus.

Il avait juste donné du feu à un garçon...


[...]


Assis paresseusement sur le canapé du salon, Tom attendait avec autant d'impatience que d'anxiété le retour du fils de son frère. Gordon et Simone étaient encore partit à une de leurs soirées en s'excusant et il avait passé toute la journée à s'ennuyer, alternant télévision et ordinateur sans jamais réussir à faire cesser l'agitation déraisonnable qui régnait dans sa tête. Il avait eu beau essayer de s'occuper l'esprit avec n'importe quelle activité, l'image de l'adolescent était sans cesse revenu assaillir ses pensées, se glissant sournoisement sous ses paupières et envahissant peu à peu ses rétines enflammées d'un sentiment qu'il ne pouvait concevoir.

Seulement c'était plus fort que lui et il ne pouvait s'empêcher de se remémorer le regard fébrile qui l'avait fixé avec tant d'espoir quelques heures plus tôt.

Un bruit de clé le fit brusquement sortir de ses pensées et un sourire prit possession de ses lèvres en devinant l'androgyne passer le seuil de la porte. Il se leva à la hâte et se dirigea vers l'entrée, pressé de retrouver son neveu après la journée accablante qu'il venait de passer.

- Alors dis-moi ! sourit-il en trottinant. T'as réussit à survivre sans ton MP3, monsieur l'antisocial ?

Il s'approcha en gloussant de l'adolescent toujours dos à lui et s'apprêtait à lui lancer une autre taquinerie lorsque celui-ci tourna légèrement la tête. Le contact visuel ne dura qu'une fraction de seconde avant que l'androgyne tourne rapidement les talons vers les escaliers et pourtant il sembla à Tom que le temps venait de se stopper. Il resta immobile dans l'entrée, le regard perdu sans pourvoir amorcer le moindre mouvement alors que Bill venait juste de passer devant lui. Celui-ci avait rapidement baissé la tête en le voyant dans l'entrée et Tom n'avait pu qu'entrevoir ses yeux ruisselant de larmes à travers les longues mèches noires qui cachaient sciemment le reste de son visage.

- Bill !

Sortant enfin de sa léthargie Tom se précipita vers l'escalier alors que Bill n'en était qu'à la dixième marche, semblant lutter à chaque pas supplémentaire.

- Bill ! Bill attends ! Qu'est-ce qu'il y a ? Ca va ?!

Bill ferma durement les paupières en priant pour que Tom n'aperçoive pas son visage et continua de monter l'escalier le plus sereinement qu'il pu. Son c½ur battait trop vite dans sa poitrine et il avait l'impression qu'il allait succomber d'une seconde à l'autre. Il avait besoin de s'effondrer. Il avait vraiment besoin de s'écrouler et de laisser libre cours à ses pleurs. Seulement Tom était derrière lui et il ne pouvait pas se permettre de montrer un quelconque signe de faiblesse avant d'avoir atteint le silence de sa chambre.

- C'est rien... répondit-il dans un souffle.

Sa voix s'était voulue assurée mais Tom décela en elle un tremblement qu'il lui fit froncer les sourcils.

- Bill... Bill attends.

Tom n'était pas dupe et le comportement de son neveu l'alarmait plus qu'il ne le rassurait. Il sauta plusieurs marches dans l'intention de rattraper l'androgyne et, posant par reflex son regard sur la dernière marche sur laquelle il avait fallu trébucher, se paralysa brutalement.

- Qu'est-ce q/

Des gouttes de sangs maculaient les bois vernis du plancher et son souffle se bloqua subitement dans sa poitrine. Il avait peur d'avoir comprit...

Il releva lentement la tête vers le brun et vit son neveu courir silencieusement vers sa chambre. Son sang ne fit qu'un tour et il se jeta vivement sur lui avant de l'attraper par les épaules et le retourner contre le mur.

Son regard tomba alors pitoyablement dans celui brisé de l'androgyne et son rythme cardiaque cessa toute mesure. Ses yeux s'écarquillèrent sous l'effroi alors que ses rétines scrutaient avec horreur le visage de son neveu ravagé de marques et d'ecchymoses et il sentit son c½ur se soulever douloureusement dans sa poitrine. Son arcade déchirée, ses yeux ruisselant de larmes, les pupilles rouges et la mâchoire entaillé et bleuie...

- Lâche-moi putain !

Bill s'éloigna brutalement de son oncle et se cola au mur du couloir, fixant rageusement l'homme qui le scrutait avec épouvante. Tom n'avait pas le droit de le regarder de cette manière. Il n'avait pas le droit de le fixer avec ses yeux et le c½ur de Bill se serra dans sa poitrine meurtrie. Ses poings se serrèrent douloureusement contre le mur et il sentit avec horreur les plaies se rouvrir sur ses doigts.

Tom s'était complètement paralysé à la vue du visage ensanglanté et les mots comprimés douloureusement au fond de sa gorge semblaient ne pas vouloir franchir la barrière de ses lèvres. Une seule phrase tournait en boucle dans sa tête alors qu'il prenait peu à peu conscience de la situation.

Bill s'était fait passé à tabac...

Un éclair de haine traversa ses pupilles et c'est d'une voix ferme et forte qu'il s'adressa à son neveu alors que ses lèvres se mouvaient avec une lenteur surprenante.

- Qui t'as fait ça ?

Des larmes de douleur et de colère coulèrent sur les joues de l'androgyne et ses pommettes brunies par le sang s'humidifièrent une fois de plus, acheminant de grosses larmes au goût de rouille jusqu'à la commissure de ses lèvres.

- Qui t'as fait ça Bill ?!!!!

- Personne !!! Personne Ok ?!!


Leurs hurlements résonnèrent dans le couloir les faisant violemment sursauter et un lourd silence tomba, laissant leur respiration saccadées briser l'atmosphère étouffante qui régnait autour d'eux. Ils se fixèrent avec dureté durant quelques secondes au cours desquelles Bill s'efforça de rester de marbre puis, aussi inévitables que furent ses précédentes larmes, le masque d'agressivité disparu peu à peu de ses traits d'enfants et de nouvelles perles d'eau salées humidifièrent ses yeux bruns. Tom lui avait fait peur en criant et il était incapable de rester fort plus longtemps, tout son corps le brulait et ses jambes tremblaient depuis trop longtemps...

La colère de Tom s'évapora en quelques malheureuses secondes en voyant le regard précédemment dur de l'adolescent laisser peu à peu place à un regard fatigué et rompu, et son c½ur se déchira au creux de sa poitrine lorsque Bill reprit la parole en sanglotant, ses iris brunes plongés avec douleur dans les siennes.

- Putain j'ai tellement mal Tom...

L'adolescent éclata soudainement en sanglots et Tom se jeta sur lui, retenant de justesse le corps tremblant qui venait de glisser le long du mur. Il prit lentement l'adolescent dans ses bras avant de se diriger dans la chambre de celui-ci et c'est le plus délicatement possible qu'il déposa le corps meurtri sur le lit. Son esprit tournait à 100 à l'heure et il dû mettre de côté sa peur afin de ne pas succomber à la panique. Il s'accroupi lentement près du brun et c'est d'une voix enrouée qu'il s'efforça de ne pas faire trembler qu'il s'adressa à lui.

- Bill... Bill s'il te plait regarde-moi. L'adolescent tourna lentement la tête vers lui, offrant à son oncle une vue imprenable sur sa paupière ensanglantée. Je/j'ai besoin de savoir où tu as mal exactement, et... Et je dois aussi savoir si... Est-ce qu'ils t'ont/ Putain... Son c½ur battait beaucoup trop vite dans sa poitrine et cette question ne semblait pas vouloir être prononcée. Bill est-ce qu'ils t'ont... est-ce qu'ils t'ont touché ?

Le c½ur de Tom qui avait battu tellement vite quelques instant plus tôt se stoppa radicalement de battre et c'est le souffle coupé qu'il attendit la réponse du brun.

- Nan...

Tom prit immédiatement son visage entre ses mains et des larmes de soulagement coulèrent le long de son visage.

- Ok... Ok alors...Il se redressa doucement avant de passer une main sur son visage et planta son regard dans celui de l'androgyne. Attends je reviens...

Il se précipita hors de la chambre et se rua dans la salle de bain où il ouvrit brutalement l'armoire à pharmacie. Son c½ur battait douloureusement dans sa poitrine et semblaient lui bruler l'intérieur des poumons. Personne n'avait abusé de son neveu...

De son côté Bill se redressa lentement sur le matelas, serrant la mâchoire en sentant ses plaies se rouvrirent douloureusement et observa Tom revenir en courant. Ce dernier s'agenouilla lentement en face de lui et prit son visage entre ses doigts.

- Dis-moi si j'te fais mal...

Un léger sourire prit forme au coin des lèvres du brun et Tom essuya délicatement le sang coulant de son arcade. Bill ferma lentement les yeux et ses larmes se tarirent peu à peu le long de ses joues. Le reste de son visage passa sous les mêmes attentions du dreadé et durant toute la durée des soins Bill ne détacha pas un seul instant ses yeux du visage incroyablement sérieux en face de lui.

- T'as eu peur ?

Tom plongea son regard dans celui de l'adolescent et laissa retomber doucement son bras sur le matelas avant de répondre.

- Oui.

Un sourire timide se forma au coin des lèvres de Bill et Tom lui caressa tendrement la joue avant de se relever.

- Ton visage n'est pas le seul à avoir subit les coups pas vrai ?

Bill hocha négativement la tête et Tom l'aida à lentement se remettre sur pieds. Une fois debout face à lui l'androgyne baissa honteusement la tête alors que les mains du dreadé relevaient déjà délicatement son tee-shirt, lui faisant lentement relever les bras alors que le bout de tissus passait soigneusement au dessus de sa tête.

Une fois n'est pas coutume le souffle du blond se coupa sous le saisissement alors que ses yeux observaient avec douleur les ecchymoses sur le torse maintenant coloré de son neveu. Une bouffée de chaleur monta à vive allure jusque dans sa poitrine et il s'éclipsa rapidement dans la salle de bain, s'excusant brièvement auprès de Bill alors que son imagination lui représentait mécaniquement les adolescents frappant l'androgyne sous ses paupières. Ses mains tremblantes se posèrent doucement sur le rebord de l'évier et son visage s'inclina vers le miroir en face de lui.

A la vue de sa mâchoire crispée se superposa lentement la vision du corps meurtris de son neveu et la rage s'empara sournoisement de tout son corps. Son poing s'enfonça avec violence et fureur dans un des murs de la petite pièce et c'est d'un geste maladroit qu'il se saisit de la pommade avant de se reprendre et de faire rapidement demi-tour.

Il passa la porte en inspirant intensément afin de se calmer un temps soit peu et son regard se posa avec tendresse dans celui de son neveu, toujours debout à côté du lit. Un sourire tendre s'étira sur ses lèvres et il se rapprocha lentement de lui avant de lui prendre la main. Sa colère s'était brusquement évaporée en observant son neveu lui rendre difficilement son sourire et il nettoya avec soin ses phalanges rougies. Il déboucha le tube blanc et après avoir glissé une noisette de pommade sur ses propres doigts, étala lentement la texture froide sur ceux de l'adolescent.

- J'ai parlé à un mec ce matin...

Tom releva les yeux vers ceux baissés du brun et haussa les sourcils en souriant.

- C'est vrai ce mensonge ? chuchota-il alors que Bill ne relevait toujours pas les yeux vers lui.

- C'est vrai, continua-t-il calmement alors que les doigts de son oncle s'enroulaient doucement autour des siens. Il est venu me demander du feu et on a un peu parlé. Un petit rire entre l'amusement et l'amertume sortit d'entre ses lèvres et il continua. J'avais hâte de t'le dire, je pensais que tu serais fier de moi et sur le chemin du retour j'avais qu'une hâte, c'était de te raconter comment ses joues se sont misent à rougir quand je lui ai allumé sa clope et avec quel plaisir j'ai pu mater son cul quand il est repartit.

Un rire sincère s'échappa d'entre les lèvres du blond et Bill continua, sans cesser un seul instant de sourire.

- Et puis ils me sont tombés dessus et ont commencé à me frapper au visage... Tom releva doucement la tête vers lui. Ils m'ont dit que je puais la pédale à trois kilomètres et... Un rire nerveux s'échappa tout droit de son c½ur blessé et Tom cessa de soigner ses blessures. Ils m'avaient vu lui parler et... Et ils m'ont frappé alors que je te voyais sous mes paupières tu sais... Son rire se fit plus intense et des larmes de douleur coulèrent le long de ses joues.

Il les revoyait s'amuser avec son entre-jambes et un sanglot incontrôlé résonna dans la petite chambre. Tom lâcha instantanément ses mains et le plaqua tout contre son corps, caressant tendrement ses cheveux en lui murmurant des « désolé » et des « pardon » au creux de l'oreille. Bill entoura timidement sa taille de ses bras et cala sa tête dans le cou bronzé de son oncle, respirant son odeur rassurante.

L'étreinte dura de longues minutes durant lesquelles Bill se laissa aller au creux des bras confortables du blond puis Tom se détacha lentement de lui avant de lui désigner le matelas.

- Allonge-toi je vais m'occuper de ton dos.

L'adolescent obtempéra et quelques secondes plus tard il était allongé sur le ventre. Tom monta également sur le lit et c'est le plus délicatement possible qu'il se plaça à califourchon sur lui, faisant bien attention à ne pas s'asseoir sur ses jambes qu'il devinait douloureuses. Ses mains badigeonnées de crèmes se déposèrent sur le dos bleui de l'adolescent et un violent frisson remonta le long de l'échine de celui-ci. Le contact des doigts calleux sur sa peau le tiraillait autant qu'ils l'anesthésiaient et il se surprit à s'enflammer sous les attouchements lancinants de Tom.

Cinq minutes plus tard Bill se retournait sur le dos et les doigts du dreadé parcouraient sa peau une seconde fois, câlinant ses blessures en de douces caresses qui firent perdre la tête à l'androgyne. Ses yeux se fermèrent sous le plaisir et la douceur des mains de son oncle et c'est d'une petite voix qu'il s'adressa à lui.

- N'en parle pas à Papa et Maman... Aïe ! Putain...

Tom releva lentement les yeux vers lui.

- Seulement si ton état ne se dégrade pas. Sa réponse était sans appel et son ton sérieux fit sourire l'adolescent malgré la douleur qui venait de l'accabler à l'estomac. Ils n'y ont pas été de mains mortes et je veux être sure que tu n'ais rien de cassé. Alors dans les prochains jours je veux qu'à la moindre douleur tu viennes me voir ok ?

- Ok.

Bill observa son oncle parcourir silencieusement sa peau et ne pu s'empêcher de penser que son sérieux le faisait paraître encore plus adulte et... et plus homme.

- T'es beau quand t'es concentré... ne put-il s'empêcher de lâcher.

Tom réprima un frisson et il gloussa doucement en relevant la tête vers le sourire amusé de son neveu.

- Arrête de dire des conneries tu veux ?

Bill lui sourit simplement et leurs regards s'accrochèrent pour ne plus se lâcher. Les mains de Tom parcouraient son torse et son ventre avec douceur et un sourire attendrit se forma au coin des lèvres du plus vieux lorsqu'il sentit sous ses doigts le c½ur de l'adolescent s'accélérer.

Les joues de l'androgyne rougir instantanément et prit d'un soudain trop-plein d'affection, Tom se pencha sur lui avant de poser ses lèvres sur sa joue. Le c½ur de Bill rata un battement en sentant les lèvres du blond contre sa peau et ses yeux se fermèrent lentement sous la délectation du souffle chaud contre son visage. Sa main vint timidement se nicher dans la nuque du dreadé et celui-ci gémi doucement avant d'entamer un mouvement de recul.

- Attends ! La respiration du plus jeune s'accéléra en une fraction des secondes et c'est en s'accrochant furieusement à son cou qu'il lui supplia de ne pas partir. Reste. S'il te plait reste un peu...

Sa main blessée empoigna la nuque de Tom avec fermeté et le dreadé réprima un doux frisson en sentant le souffle de l'adolescent contre sa gorge. Bill avait besoin de tendresse... soit.

Sa main vint donc doucement caresser le visage de l'androgyne et c'est en tremblant qu'il nicha son visage au creux de son cou. Le c½ur du brun ne semblait plus battre dans sa poitrine et il se surprit à gémir lorsque le nez de son oncle caressa lentement sa peau diaphane. Leur visages se frôlaient et se caressaient sans jamais s'observer et plus rien ne semblait exister. Seule leur respiration saccadée par l'émotion brisait l'atmosphère langoureuse qui régnait dans la pièce. Tout n'était que caresses et sentiments et les jambes de l'androgyne se décolèrent lentement du matelas pour encercler celles de son oncle.

Les lèvres de Tom se posèrent doucement contre sa mâchoire saillante et des milliers de papillons s'envolèrent des entrailles de l'adolescent, le faisant trembler délicieusement. Les lèvres chaudes qui lui faisaient tourner la tête remontèrent lentement jusqu'à ses tempes puis redescendirent en une longue caresse jusque dans son cou.

Le c½ur de Bill semblait vouloir sortir de sa poitrine...

Tom était sur le point de prendre la parole lorsqu'ils entendirent un bruit venant du rez-de-chaussée. Leurs visages qui se caressaient depuis maintenant de longs instant s'immobilisèrent synchroniquement et c'est résigné que Bill détacha ses bras du cou de son oncle.

- Attends je vais voir...

Tom quitta la pièce et Bill ferma rageusement les yeux. Les mains de Tom le rassuraient autant qu'elles l'enivraient et il aurait voulu rester dans les bras protecteurs de son oncle durant encore de longues heures. Il ne savait pas encore exactement à quoi rimaient toutes ses étranges sensations en présence de Tom mais à vrai dire il ne voulait pas essayer de comprendre. Les choses étaient ainsi et le reste n'avait pas d'importance...

Plongé dans ses pensées il ne vit pas une certaine petite tête dreadé repasser l'encadrement de sa porte et l'interpeler en chuchotant.

- Bill... Le brun tourna la tête vers Tom en souriant. Un certain Thomas voudrait te voir, je le laisse entrer ?

Les yeux de Bill s'écarquillèrent sous la surprise.


______________________________________________




Ingrid>>>

xD
Désolé de t'avoir donné de fausses joies c'était pas intentionnel! ^_^
Quant à la suite je suis en plein dedans doooonnc...j'essayais de la poster avant ce week-end. =)
(Ou p't'être durant le week-end je sais pas >_<)

Je m'excuse encore de mettre autant de temps mais j'avoue que pour le coup je savais vraiment plus comment finir cette mini fic...=S
Mais bon, maintenant je sais donc il faut juste que je m'y mette et ça devrait allait un peu plus vite! ^_^

Gros bisouuuuu !








# Posté le vendredi 24 avril 2009 05:32

Modifié le mercredi 01 juillet 2009 16:12

suite OS

suite OS
Cinquième partie


- Bill... Le brun tourna la tête vers Tom en souriant. Un certain Thomas voudrait te voir, je le laisse entrer ?

Les yeux de Bill s'écarquillèrent sous la surprise.

- Oh. Euh... ouais. Ouais vas-y.

Il se redressa un peu sur le matelas et vit son oncle se décaler légèrement vers la gauche. Une deuxième tête blonde apparu alors dans l'encadrement de la porte et c'est timidement que l'adolescent pénétra dans la chambre.

- Salut Thomas.

- Salut...


Un voile d'étonnement traversa imperceptiblement les pupilles de l'adolescent en remarquant que Bill se souvenait de son prénom et il sourit intérieurement avant de se mettre à dévisager de manière plus minutieuse le visage de l'androgyne qui l'observait du fond de la chambre. Les bleus et les déchirures arrivèrent alors aussitôt jusqu'au creux de ses rétines et son sourire intérieur se fana instantanément. Bill s'était réellement fait passer à tabac et le visage de Thomas blêmit légèrement en imaginant le calvaire que ça avait du être pour le brun.

Il s'immobilisa lentement au milieu de la pièce, semblant soudainement ne plus savoir que faire ou quoi dire et ses longs doigts se mirent à tripoter avec malaise le bas de son tee-shirt d'un bleu pâle délavé.
Il avait été mi au courant de l'incident par un ami à lui quelques minutes plus tôt et avait cru bon de venir rendre visite à Bill afin de s'assurer qu'il n'avait besoin de rien. Seulement maintenant qu'il lui faisait face, aucunes des phrases qu'il avait minutieusement préparée ne semblaient convenir à son arrivée qu'il trouva soudainement légèrement inappropriée.

- Excuse-moi de venir comme ça, commença-t-il mal à l'aise. Je sais qu'on se connaît pas mais/ Enfin pas trop trop avant le, avec la clope et... /je... on m'a dit pour toi et j'ai... Il passa d'un geste nerveux sa main sur toute la longueur de son visage et s'approcha un peu plus du lit. Est-ce que ça va ?

Au diable les explications, le principal était de savoir si Bill allait bien.

- Ça va, répondit Bill en souriant.

Bill pouvait ressentir toute sa gêne émaner de son grand corps désarticulé et se surprit à trouver ça attendrissant. Thomas était un grand type aux épaules assez larges et à la mâchoire carrée bien que creuse, et ses paroles incertaines lui donnaient un air d'adolescent maladroit.

- C'est une amie à moi qui m'en a parlé et j'ai pensé que t'aurais besoin d'un peu de compagnie alors...

Les lèvres de Bill s'étirèrent de nouveau en un sourire sincère et il fit signe à Thomas de venir s'asseoir sur le bord du lit. Ce que le blond fit rapidement et sans rechigner.

Bill était étonné, certes, de voir ce –presque- parfait inconnu débarquer chez lui à cette heure si tardive mais décida de ne pas cracher sur cette attention généreuse et réconfortante. Thomas avait l'air de s'être inquiété pour lui et il en était secrètement touché.

Le blond s'installa donc timidement à ses côtés et Bill se redressa complètement sur le matelas afin de pouvoir lui parler face à face. L'atmosphère était bizarrement détendue et Thomas observa une seconde fois les blessures charnelles qui entachaient le visage de Bill avant de commencer à lui parler. Il du évidemment faire un effort surhumain pour ne pas paraître timide aux yeux de celui qu'il observait secrètement du coin de l'½il depuis de longues semaines et se força à se détendre et à adopter une attitude plus décontractée.

Tom, qui était resté adossé au bois verni de la porte, observait silencieusement les deux jeunes garçons commencer à discuter et un triste sourire naquit sur ses lèvres lorsqu'il les vit se mettre à rire timidement ensemble.

Ils les trouvaient attendrissants. Ils se découvraient, s'apprivoisaient sous ses yeux et son c½ur se serra étrangement dans sa poitrine.

Ce Thomas semblait être un garçon charmant et il était heureux pour Bill...

Seulement, lorsqu'il vit les yeux du blond se poser à la dérobé sur le torse pâle de l'androgyne alors que son neveux riait de sa dernière réplique il ne pu que s'éloigner de la chambre, un n½ud dans la gorge.


~~~


Vingt minutes plus tard les deux adolescents bavardaient toujours joyeusement dans la petite pièce. Un sourire sincère ornait les lèvres éraflées de l'androgyne alors qu'il écoutait avec amusement le blond lui faire le récit de sa lutte acharnée pour trouver son domicile et il laissa un rire franc résonner dans la petite chambre aux senteurs de pommade et de désinfectant. Thomas semblait de moins en moins timide au fil des minutes et Bill se surprit à apprécier ce début d'assurance qui lui révélait les véritables aspects de sa personnalité.

- Bon et bien je crois que je vais te laisser... chuchota-t-il en se redressant doucement.

- Ouais... Bill semblait un peu déçu mais ne rajouta rien. La présence de Thomas était vraiment très agréable mais il ne pouvait pas s'empêcher de penser que le blond avait interrompu un moment rare et précieux entre lui et Tom quelques minutes plus tôt. J'te remercie d'être passé prendre de mes nouvelles en tout cas.

- Y a pas de quoi franchement, continua-t-il en souriant. Ça m'a fait plaisir.

Bill lui rendit son sourire et tenta de se relever afin de le raccompagner jusqu'à la porte.

- Hep hep hep ! Tu vas où comme ça ? Rallonge-toi, tu vas te faire mal !

- Oui mais je voulais/

- T'inquiète, je connais la sortie et puis au pire des cas j'demanderais à ton oncle.


Il ne laissa pas le temps à Bill de répliquer et se pencha vivement sur lui pour lui embrasser rapidement la joue.

- A bientôt au lycée !

Et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire il disparu à toute vitesse dans le couloir, souriant niaisement en sentant ses joues s'empourprer. Bill resta stupéfait sur son lit, un peu prit au dépourvu devant le départ précipité de son nouvel ami. Puis un sourire amusé étira tout doucement ses lèvres. Le comportement du blond était touchant...

De son côté Tom aperçu vaguement l'adolescent traverser le salon en trottinant et n'eut malheureusement pas le temps de l'intercepter avant que celui-ci sorte du pavillon. Il se laissa donc retomber mollement dans les bras du canapé et souffla de frustration dans sa barde inexistante. Il se sentait nauséeux. Il aurait voulu dire deux mots à ce garçon afin de s'assurer qu'il ne nuirait en aucune façon à son neveu si fragile. Bill n'était pas un garçon naïf certes, mais Tom ne pouvait s'empêcher de penser que s'il lui arrivait de nouveau le moindre problème, il irait faire la peau au responsable. Il s'en voulait déjà énormément d'avoir forcé Bill à rentrer en contact avec d'autres jeunes de son âge et se considérait entièrement responsable de son passage à tabac. Il lui avait dit. Il lui avait clairement dit que les ados lui ouvriraient tous les bras s'il faisait quelques efforts pour se sociabiliser et au final, Bill avait l'arcade arraché, le dos maculé de bleus et il était le plus gros naïf que la planète ait jamais porté.

Et puis il essayait aussi d'occulter le fait qu'avoir aperçut cet inconnu observer son neveu torse nu lui ébouriffait la crinière d'une manière des plus agaçantes. Il ne se sentait pas jaloux ou envieux de l'amitié qui germait doucement entre les deux adolescents -ça aurait été ridicule et inapproprié-, mais ne pouvait s'empêcher de penser que son neveu était incontestablement trop bien pour ce blond aux allures de surfeur Australien. Bill était une personne à part, le genre de garçon qui se détache du reste des adolescents par la singularité de ses manières ou l'authenticité de ses sourires, et Tom était persuadé qu'il méritait le plus fantastique des petits copains. Car Tom n'était bien évidemment pas aveugle quant aux intentions de Thomas et des besoins de Bill. Ces deux là allaient finir par se mettre ensemble et il essayait de s'en accoutumer en silence le plus rapidement possible.

Un raclement de gorge lui fit doucement relever les yeux et il vit la silhouette de l'androgyne se découper à contre-jour dans l'embrasure de la porte.

- J'peux rester avec toi ?

Tom sentit son c½ur se serrer en l'apercevant dans un tee-shirt trois fois trop grand pour lui et éprouva un nouvel excès de culpabilité en observant son visage écorché le scruter avec des yeux timides et hésitants.

- Bien sur, viens...

Il se décala légèrement vers la gauche et laissa Bill s'asseoir à ses côtés. Son regard contrarié se posa alors immédiatement sur les blessures charnelles qui entachaient son doux visage et il fut incapable de se retenir de le prendre délicatement entre ses doigts pour l'observer sous toutes les coutures, à la recherche de la moindre plaie mal désinfectée, du moindre bleu dénué de pommade.

Bill laissa un rire muet et gêné s'échapper d'entre ses lèvres et écarta lentement les mains de son oncle de son visage. Les yeux de Tom posés sur lui avec autant d'insistance le rendaient mal à l'aise et il lui sourit gentiment avant de chuchoter.


- Arrête de te faire du souci, ça va mieux. Promis.


Les mains calleuses de Tom s'éloignèrent alors de ses joues et Bill sentit son c½ur se remettre tout doucement en marche. La présence de son oncle le mettait toujours dans des états affligeants voir ridicules et il du faire un effort surhumain pour ne pas focaliser toute son attention sur le corps éveillé et chaud à côté de lui. Il se surprenait parfois à réagir comme si Tom était un de ses camarades de classe dont il pourrait avoir le béguin, et il devait à chaque fois se retenir de faire des choses complètement stupides qui lui traversaient la tête. Comme se mettre à califourchon sur ses genoux et se frotter contre lui ou prendre sa main calleuse et la diriger vers son entre jambe brulante. Oui. Stupide. Seulement il pouvait encore sentir le regard coupable et inquiet du blond poser sur lui et du se racler une nouvelle fois la gorge pour le sortir de sa contemplation.

Tom détourna immédiatement les yeux de ses bleus et planta son regard dans le sien.


- T'aurais pas du descendre les escaliers tout seul
, murmura-t-il alors avec douceur mais fermeté. Apelle moi la prochaine fois ok ?
- Ok.


Le souffle de Tom brisa une nouvelle fois le silence qui venait de s'installer dans la pièce et Bill baissa les yeux vers ses chaussettes. Il ne savait pas quoi faire. Il ne savait pas quoi dire. Tom et son odeur musquée envahissait la moindre de ses pensées et il était tout simplement incapable d'amorcer la plus infime conversation. Il savait que s'il ouvrait la bouche, d'horribles stupidités risqueraient d'en sortir et ruiner à vie sa proximité avec Tom. Alors il fit la seule chose que sa raison lui autorisait. Il se tue. Et le silence persista longtemps avant que Tom ne daigne le briser.

- Alors ? lança-t-il après une longue minute de silence. Comment il est ce Thomas ?

Bill s'empêcha de fermer les yeux de soulagement et se contenta de remercier intérieurement son oncle d'avoir prit la parole.

- Oh ba... Il est sympa. Drôle aussi, répondit-il sans pour autant lever les yeux vers son oncle.
- Et il a un beau p'tit cul.

Bill pouffa et tourna la tête vers Tom, les yeux rieurs au souvenir de ses propres paroles.

- C'est vrai aussi. Il secoua la tête en souriant. Mais ça c'est pas sensé être la remarque d'un oncle normal tu sais ?
- Donc j'en conclu que j'suis bizarre ?
s'offusqua faussement le dreadé.
- Nan, t'es juste... différent de c'que je m'imaginais il y a encore quelques jours.
- C'est-à-dire ?
- Ba... J'sais pas moi. T'es juste moins mature qu'un autre et c'est rassurant. Enfin j'pense...


Tom sourit et se leva du canapé.

- Et ça t'dirais de regarder la télé en compagnie d'un oncle bizarre et immature?

Bill opina du chef en souriant.

- Et tu veux regarder quoi ?
- J'sais pas je/.. Oh attends !


Bill se leva tout doucement du canapé, manquant le voile de culpabilité passer dans les yeux de son oncle et se dirigea à grand pas vers l'armoire du salon.

- J'crois que papa à garder des cassettes vidéos de quand j'étais p'tit et p't'être que... Il se hissa sur la pointe des pieds et agrippa un gros carton aux surfaces ternis et gondolées. P't'être qu'on te verra dessus nan ?
- Tu les as jamais visionnés ?
- Nan. A vrai dire j'y ai jamais vraiment pensé avant aujourd'hui.


Fier de sa trouvaille, Bill posa le carton sur la table basse et Tom en écarta les pans après s'être assis en tailleur par terre.

- « Anniversaire de mariage », « Paëla », « Vacances 98 »... Laquelle on prend ?

Tom lisait les titres pensivement, imaginant la quantité de souvenirs que devaient contenir chaque vidéo et se tourna doucement vers Bill qui souriait comme un enfant ayant déterré un trésor.

- Alors ?
- « 1989-1994 », tu devrais surement apparaitre à un moment, nan ?


Il releva les yeux vers son oncle.

- Assied toi j'vais la mettre.

Bill gloussa d'excitation et se pelotonna rapidement au fond du canapé, agrippant le plus moelleux des oreillers pour le poser sur ses jambes. Il observa Tom insérer la cassette, se relever puis éteindre les lumières avant de le rejoindre sur le sofa.

- Tu veux quelque chose à manger ? lui demanda-t-il avant d'empoigner la télécommande.
- Nan on commandera une pizza tout à l'heure... Vas-y allume.

Tom rit doucement de l'impatience du brun et appuya sur play. Des milliers de particules grises apparurent alors sur l'écran et quelques secondes plus tard le visage rouge et joufflu d'un bébé se présentait à leurs yeux.

Et Bill se ratatina immédiatement sur lui-même.

- Oh mon Dieu...

Tom rit et lui ébouriffa les cheveux.

- Dis pas ça, t'étais super mignon.

Le c½ur de Bill loupa un battement et il tourna brusquement la tête vers son oncle qui fixait l'écran avec sourire. Super mignon. Bill sentit son ventre se liquéfier et se força à détourner les yeux de l'homme qui tourmentait inconsciemment son c½ur d'adolescent. Cette séance vidéo risquait d'être forte en émotions. Et elle le fût.

Chaque fois que le visage de Bill dans ses premiers jours apparaissait sur l'écran l'androgyne pouvait entendre les ricanements moqueurs de son oncle alors que lui-même ne pouvait s'empêcher de faire des remarques outrées sur ses joues énormes et son ventre gonflé. Il n'avait jamais pensé être un gros bébé. Les minutes s'écoulèrent donc avec pour fond sonore de douces musiques nostalgiques que son père avait insérer sur la bande son et Bill se félicita mentalement d'avoir eu cette merveilleuse idée. Revoir ses parents aussi jeunes et beaux le faisait sourire comme un bienheureux.

Puis soudain une voix encore inconnue s'éleva des enceintes et Bill pu apercevoir que la date d'enregistrement venait de changer. Nov 1989 14 :06. La caméra fit un zoom sur ce qui semblait être un vieux canapé clic-clac datant des années 80 et lorsque l'image fut redevenue clair deux paires d'yeux s'écarquillèrent alors que le visage enfantin de Tom apparaissait sur l'écran.

- Tiens-lui mieux la tête Tom...
- Quoi ?
- Met bien sa nuque contre ton bras.
- Oh...


A l'écran un petit Tom d'à peine onze ans habillé d'un mini short bleu ciel et de deux petites sandalettes fixait avec attention et émerveillement le bébé qui dormait dans ses bras. Son petit corps de pré adolescent semblait se perdre dans l'immensité du canapé vide et Bill fut surprit de l'attention avec laquelle il observait silencieusement son « lui miniature.»

- Waou... j'me souvenais pas de ça, chuchota Tom à côté de lui, un sourire attendrit collé aux lèvres.

Le Tom de la vidéo ne semblait pas bouger d'un pouce par peur de le réveiller et la silhouette emmitouflée semblait presque disproportionné par rapport aux frêles bras du petit blond qui l'entouraient.

- Il est un peu lourd... murmura-t-il dans un sourire gêné en sentant surement son bras s'engourdir.

Le rire de Simone retentit dans la pièce et ils la virent s'avancer doucement vers le garçon pour repositionner Bill dans ses bras. Puis elle pinça affectueusement la joue du petit blond et disparu du cadre. De toutes petites dreadlocks pendaient autour de son visage rond et son regard d'enfant était résolument fixé sur le petit bout de chair rose enroulé dans la couverture.

- Tu m'bouffais des yeux... chuchota inconsciemment Bill, le sourire aux lèvres.

Puis il se rendit soudainement compte qu'il avait parlé à voix haute et se retourna rapidement vers Tom qui ne semblait heureusement pas l'avoir remarquer. Ses yeux étaient comme collés à la télévision et il hocha simplement la tête. Bill ne sut pas comment interpréter ce regard songeur et décida de reporter son attention sur l'écran.

- Il est beau, murmura le petit dreadé avant de relever la tête vers la caméra en souriant de toutes ses dents blanches.

Tom rit en se voyant si attendrissant et tourna la tête vers son neveu qui n'osait pas faire le moindre mouvement mais dont les joues rosissaient dans le noir. Puis l'image se brouilla peu à peu pour laisser place à une autre vidéo et la date d'enregistrement avança de trois années. Juil 1993 11 :40. La pièce sombre au canapé défoncé laissa place à une immense étendue d'herbe verte et Bill reconnu immédiatement son jardin. La personne tenant la caméra s'avança alors à pas feutrés jusqu'à une petite tente d'enfant multicolore montée près du cerisier et quelques chuchotements parvinrent jusqu'à la caméra.

- Mais les mange pas tout de suite ! Attend qu'je finisse...
- Oui mais c'est bon.
- Ba y a intérêt qu'ce soit bon, elles m'ont couté la peau du cul.
- Hannn t'as dis cul !
- Il est où l'autre paquet ?
- Cul cul cul...
- Bill !


Le doigt du caméraman tira silencieusement sur l'ouverture en tissus et deux silhouettes apparurent à l'écran. Tom et Bill pouffèrent simultanément en se voyant. Le Tom de la vidéo semblait avoir dans les environs de quatorze ans et s'évertuait apparemment à enfoncer des fraises tagada sur chaque doigt que le petit Bill assis à ses côtés lui tendait.

- Tu dois pas répété ça d'accord ?
- Pourquoi ?
- Parce que.
- Paceque quoi ?
- Parce que ton père va encore m'engueuler de t'apprendre des gros mots et j'veux pas qu'il me pique encore ma game boy.


- Oh mon Dieu j'me souviens de ce jour là ! s'exclama Tom en riant. J'étais venu dormir une semaine chez vous et Gordon m'avait empêché de jouer durant presque toute la semaine !

Un sourire amusé étira les lèvres de Bill et il observa avec tendresse son oncle se redresser sur le canapé en riant.

- Tom...
- Hum ?
- J'peux faire tes cheveux après ?
- Tu veux dire me faire des nattes ?
- Oui
- Ok... Mais alors tu dois me donner tes fraises en échange.


L'adolescent sourit malicieusement et observa avec tendresse le petit garçon fixer tout à tour ses cheveux puis les fraises fixées à ses dix doigts.


- Alors, tu me les donnes ?


Les sourcils du gamin se froncèrent en une moue contrariée et il colla ses mains à son torse.

- ... Nan.

Et simultanément les deux Tom explosèrent de rire.

- Espèce de p'tit radin !

Bill lui envoya son coussin en pleine tête.

- Arrête de t'foutre de moi ! T'as vu comment tu me truandais aussi ? Espèce d'oncle indigne va...
- Oh mon Dieu il faudra que j'remercie Gordon d'avoir filmé ça !
rit-il en pointant l'écran du doigt. T'as vu la tête que t'as fais ?
- J'avais trois ans !
rétorqua-t-il pour se défendre.

Tom secoua la tête en souriant et détourna les yeux vers la télévision.

- En plus tu savais même pas faire les nattes, à chaque fois tu m'faisais des putains de n½uds et je mettais trente ans à les démêler...

Il rit encore un peu et se replongea doucement dans le film. Toutes ses images, ses souvenirs oubliés, cette enfance au goût de bonbon acidulés vestige d'un passé qui semblait à des années lumière le rendait agréablement nostalgique. Il se souvenait parfaitement de tous ses séjours chez son frère, de la manie que Bill avait d'entortiller ses doigts dans ses grands tee-shirts et de les déformer au niveau des coutures, de la façon dont il l'écoutait avec sourire faire semblant de lire des livres à haute voix, débitant des phrases sans queue ni tête alors que le bouquin en question était à l'envers dans ses petites mains blanches. Oui, Bill était vraiment source d'admiration, même à l'époque de ses quinze ans.

Tom se souvint alors avec amusement de la fierté qui l'accablait à chaque fois que Bill réclamait ses bras, négligeant totalement la présence de ses parents lorsque son tonton venait dormir à la maison. Bill avait été une sorte de petit frère et durant les quatre premières années de sa vie Tom avait adoré lui servir de mentor. Puis il était entré dans l'adolescence et avait peu à peu cessé de venir rendre visite à Gordon et Simone, préférant de loin faire la fête et sortir avec ses amis pour faire crier ses parents. A seize ans il partait faire ses études à l'étranger. Douze ans plus tard il revenait chez lui et découvrait l'adolescent sensuel et intimidant qu'était devenu son neveu.

Bill plia silencieusement ses jambes sous lui et se mit à observer le profil de son oncle dans le noir quasi opaque du salon, inconscient des pensées troublantes qui lui traversait la tête. Il le trouvait beau. Vraiment beau. Seul le grésillement des baffes et les rires provenant de la télé déchiraient le silence intime de la pièce et Bill baissa les yeux vers ses mains liées. Était-ce raisonnable de laisser ses yeux errer dangereusement sur le corps hypnotique de son oncle alors qu'à tout moment ses désirs refoulés pouvaient submerger de son inconscient ? Surement. Pourtant c'est bien malgré lui qu'il releva la tête et que ses prunelles avides se fixèrent de nouveau sur son corps.

Les yeux du blond semblaient briller d'une enivrante submersion de souvenirs et Bill le trouva d'une beauté excessivement détestable. La luminosité de son visage variait brièvement à chaque changement de plans de la caméra, tantôt jaune vif tantôt or sombre, et l'angle ombragée, droit et creux de sa mâchoire carrée ne s'en trouva que plus hypnotisant encore. Tom était sans doute l'homme le plus magnifique du monde et Bill se surprit à maudire ardemment la génétique. Lui n'aurait surement jamais le droit de le lui dire. De lui dire à quel point son odeur le rendait dingue et à quel point sa peau cuivrée lui donnait envie de se déshabiller. Son corps d'adolescent vierge et sage devenait geyser de désir à chaque fois que ses yeux rencontraient les siens et le sens moral de Bill en prenait toujours un sacré coup.

- J'vais commander des pizzas. J'en ai pas pour longtemps alors m'attend pas pour la vidéo...

Bill sursauta en se rendant compte que Tom s'était tourné vers lui et qu'il prenait déjà la direction de la cuisine. Ses tempes se mirent à bourdonner violemment à la simple idée qu'il ait pu l'attraper en pleine contemplation et il prit lentement sa tête entre ses mains lorsque le blond fut sortit de la pièce. Il devait vraiment arrêter ses conneries. Arrêter ses conneries et se forcer à... . A quoi d'ailleurs. Il ne savait juste rien contrôler lorsqu'il s'agissait de Tom. Alors qu'est ce qu'il était sensé foutrement faire à part ne pas lui sauter dessus ? Il laissa ses mains retomber mollement sur ses genoux et releva les yeux vers l'écran. Et comme si le sort s'acharnait sur lui, l'image qui s'offrait à ses yeux n'était autre que Tom, âgé d'environs seize ans, souriant à la caméra avant de s'éloigner vers le centre de ce qui ressemblait à une petite salle des fêtes. Une musique langoureuse résonnait dans les enceintes et Tom commença à danser, le regard fixé sur la caméra et un petit sourire amusé au coin des lèvres. Bill n'en croyait pas ses yeux. Tom était un ado tellement différent de lui. Ses hanches se mirent à onduler sur la musique et il bu une longue gorgée de la bière qu'il tenait à la main, fermant lentement les yeux sans pour autant s'arrêter de bouger. Bill sentit son ventre de contracter et serra fort le coussin entre ses ongles. Il ne devait pas faire ça. Il ne devait pas se laisser submerger par l'image de Tom. Ses joues se mirent à rougir lorsque l'adolescent rabaissa sa bière et qu'il planta son regard brumeux et de toute évidence un peu alcoolisé dans les yeux de la caméra. Une petite détonation résonna dans sa poitrine en le voyant passer rapidement sa langue entre ses lèvres et il sentit avec horreur son sexe s'ériger lentement entre ses cuisses. La panique et l'excitation faisait battre son c½ur à une allure vertigineuse et il tourna avec angoisse la tête vers la porte du salon. Tom n'était toujours pas revenu et ne reviendrait surement pas avant cinq longues minutes alors... Peut-être qu'il aurait le temps de... Bill ferma violemment les paupières, horrifié de la pensée qui venait de lui traverser la tête. Il ne pouvait pas faire ça, encore moins ici, avec Tom à quelques mètres de là qui pourrait réapparaitre et le capter à n'importe quel instant.

Pourtant il rouvrit les yeux et observa une énième fois l'adolescent à l'écran. Tom venait de reprendre une seconde goulée et passait maintenant sa main sous son tee-shirt. Bill vit la peau cuivrée de son ventre apparaître et sentit sa queue pulser douloureusement dans son boxer. Il ne chercha pas à réfléchir plus longtemps et, après un dernier coup d'½il à la porte, déboutonna son jean avant d'en abaisser légèrement la braguette. Il remonta ensuite rapidement ses genoux contre son torse et plaça sa main droite entre sa cuisse et son ventre, de sorte que si Tom revenait dans la pièce il ne puisse pas s'apercevoir de quoi que ce soit. Ses doigts s'infiltrèrent lentement sous l'élastique de son boxer et il attrapa avec difficulté le bout de son sexe qu'il tira légèrement à l'extérieur, de sorte que seulement quelques centimètres dépassent de son jeans. Son c½ur battait à tout rompre et ses yeux se refixèrent rapidement sur l'écran, plus précisément sur Tom qui passait maintenant son tee-shirt au dessus de sa tête. Bill hoqueta et enroula fiévreusement ses doigts autour de son gland avant de le serrer et d'ouvrir la bouche pour haleter. Il sentait la sueur commencer à couler le long de son dos et se mordit les lèvres en déshabillant mentalement le blond des yeux. Tom ondulait sensuellement, roulant légèrement des hanches et se tourna lentement dos à la caméra. Bill étouffa un gémissement et se pinça les lèvres. Le baggy de l'adolescent descendait si bas sur ses hanches qu'on voyait le tiers de son boxer blanc qui laissait deviner la courbe de ses fesses. La main de Bill s'activait furieusement sur la longueur de son sexe. Il voulait que Tom se retourne, il n'avait concentré son attention que sur ses abdos parfaits de son ventre et maintenant il voulait observer ses tétons. Il devait observer ses tétons. C'était tellement débile, mais ça lui brulait la poitrine et lui engourdissait la cervelle. Il fallait que Tom se retourne. Et Tom se retourna.






Sizième partie

Dans la cuisine Tom ne s'arrêtait plus de tourner en rond, sentant à peine le téléphone glisser lentement à l'intérieur de sa paume moite qu'il ne cessait de resserrer inconsciemment autour de l'appareil. Cela faisait déjà quelques minutes qu'il s'était échappé du salon et ne se souvenait même plus de la raison pour laquelle il avait ce foutu téléphone à la main, complètement dépassé par le bordel sans nom qui régnait dans sa tête.
Cette vidéo l'avait bien malgré lui fait réfléchir sur ce qui le tracassait secrètement depuis ce fameux jour. Ce jour maudit où il avait levé les yeux vers le superbe androgyne qu'était devenu son neveu. Tom pouvait se souvenir avec exactitude du n½ud qui lui avait enserré l'estomac lorsqu'il avait enfin relâché le corps chaud de ses bras et le choc qu'il avait eu en devinant l'identité du garçon timide et souriant qu'il avait sous les yeux.

S'il ne se savait pas homosexuel, peut-être Tom aurait-il mit toute cette admiration sur le compte d'un trop grand étonnement face à l'adolescent singulier qu'était devenu le fils de son frère. Mais Tom se savait incontestablement attiré par les hommes, et la peur de trop apprécier Bill lui bouffait tout simplement les neurones.

Et c'était là que résidait tout le problème.

L'image du Bill de quatre ans ne cessait de parcourir ses paupières fatiguées, lui renvoyant en pleine figure l'abomination démentielle de la chose qu'il croyait ressentir envers sa gueule d'ange et la sincérité de ses sourires.
Tom se rendait peu à peu compte qu'il ne s'agissait plus seulement d'un problème lié au désir immoral qu'il avait l'impression de ressentir envers un adolescent bien trop jeune pour lui, mais au trouble malsain qu'il avait peur d'éprouver en la présence d'un membre à part entière de sa famille. Bill n'était pas seulement un garçon apparut soudainement dans sa vie et qu'il n'avait pas le droit d'admirer avec ses yeux désireux, mais le fils de son frère, le fils unique de son grand frère qu'il avait serré dans ses bras les quatre premières années de sa vie.

Et cette constatation lui broyait l'estomac chaque fois qu'il y repensait.

Il avait maintenant peur d'observer l'androgyne avec trop d'admiration, peur de ressentir une joie trop intense lorsqu'il était avec lui, peur de vouloir le connaître un peu trop rapidement... Quels étaient les foutus signes avant coureur ? Comment pouvait-il savoir s'il se transformait ou non en un psychopathe déséquilibré au penchant incestueux et... et pédophile ???

Tom souffla lentement de désespoir et traversa la petite pièce aux senteurs de gingembre et de curry pour se stopper devant l'imposant frigidaire blanc. Une petite photo de Bill y était accroché à l'aide d'un aiment et il la prit doucement entre ses doigts pour l'observer plus attentivement. Bill y souriait comme un bienheureux, lui offrant une superbe vue sur sa dentition particulièrement singulière qui lui donnait tout son charme et il se surprit à sourire lui-même en caressant le papier brillant.

Bill était incontestablement le garçon qu'il aurait aimé rencontrer à l'époque de ses quinze ans, lorsque le poids de son homosexualité ne s'était pas encore totalement estompé et que l'innocence et la timidité parcourait encore son corps d'adolescent novice. Seulement Tom n'avait plus quinze ans. Pas même dix-sept. Il en avait vingt-trois et ne comptait plus le nombre d'hommes avec qui il avait couché depuis le jour où il s'était rendu compte que son joli petit minois pouvait faire des ravages chez la gente masculine, et que la provocation était bien plus facile à vivre que la peur d'être jugé.
Bill était finalement son parfait opposé, timide, sincère, d'une sensualité involontaire et incapable de la débauche dont il avait fait preuve durant sa jeunesse. Et Tom espérait sincèrement que le trouble qu'il ressentait en sa présence n'était du qu'à une trop grande admiration de ce qu'il aurait aimé être à son âge. Tom ne regrettait certes pas la façon dont il s'était très vite accoutumé à son homosexualité, mais aurait toute fois apprécié rencontrer un garçon tel que Bill, qui lui aurait surement apporté la tendresse et l'innocence dont il se persuadait ne pas avoir besoin.

- Allo la pizzeria du grand bourg j'écoute.

Tom sursauta en se rendant compte qu'il avait mécaniquement composé le numéro de la pizzeria et que sa main tenait l'appareil tout contre son oreille.
Bordel, quand s'était-il souvenu de la raison pour laquelle il avait prit le téléphone ?

- Euh... oui oui. Oui pardon j'appelle pour commander deux pizzas sénior s'il vous plait.
- A livrer ou à venir chercher ?
- A livrer.
- Quelle adresse ?


Tom s'apprêtait à répondre lorsqu'il se rendit compte qu'il ne se souvenait plus de l'adresse de son frère. Il l'avait vaguement mémorisé pour retrouver la maison de son enfance mais ne parvenait apparemment plus à se souvenir du nom de la rue. Il trottina donc rapidement jusqu'au salon en demandant de patienter quelques instants à son interlocuteur et passa la tête dans l'encadrement de la porte.

- Bill est-ce que tu peux/

Les mots moururent brusquement dans sa gorge et c'est avec l'étrange, soudaine, mais indiscutable impression que quelque chose d'anormal clochait soudainement dans la posture de Bill que ses sourcils se froncèrent et qu'il plaqua silencieusement le combiné sur son pectoraux. Ses yeux glissèrent alors lentement des lèvres entrouvertes de l'adolescent jusqu'à son épaule, son bras, puis son avant bras, en train de monter et descendre sur une chose inapparente mais dont l'emplacement stratégique lui fit tressaillir l'estomac. Et Tom écarquilla violemment les yeux. Bill était en train de se toucher. Là. Sur le canapé. Il sentit sa gorge s'assécher à la vitesse de la lumière et ses phalanges se mirent à blanchir autour de l'appareil qu'il resserra inconsciemment dans sa paume. Un hoquet de stupeur se bloqua douloureusement au travers de son ½sophage lorsqu'il vit le brun entre-ouvrir d'avantage la bouche avant de se la mordre pour s'empêcher de gémir et dû inconsciemment s'accrocher au chambranle de la porte pour ne pas vaciller sous cette vision décadente et douloureuse qu'il avait sous les yeux.

Il ne devait pas faire ça. Il ne devait pas regarder.

Tom sentit ses jambes se ramollir subitement sous son poids. Quelque chose dans son c½ur se serra à la vue de Bill en train d'haleter doucement et il dû faire un effort surhumain pour détourner le regard de l'abdomen hypnotisant de son neveu. Seulement ses rétines en alertes se posèrent alors sur la télévision et Tom cru un instant pouvoir s'étrangler avec sa salive lorsqu'il se vit à l'écran. Lui. Tom. Nan. Impossible. Bill ne pouvait pas lui faire ça. Il ne fallait pas...
Son cerveau ne semblait plus à même de lui dicter la chose à faire et ce fut seulement lorsqu'il s'imagina l'embarras que Bill ressentirais en se sachant observer que Tom se rendit réellement compte qu'il était toujours là, épiant le fils de son frère se caresser dans leur canapé. Un violent affolement déferla alors jusqu'à sa poitrine et il fit rapidement demi-tour dans la cuisine où il s'adossa au premier mur qui lui fit face.

- Monsieur ?

Tom prit son visage dans sa main libre et souffla lentement contre sa paume. Son pouls martelait sa boite crânienne avec violence et il lui sembla un instant que le sort s'acharnait réellement contre lui. Bill lui bouffait les neurones. Définitivement.

- Monsieur ? Vous êtes toujours là ?

Sans prendre la peine de retirer sa main de son visage ni même d'ouvrir les yeux Tom posa lentement le téléphone contre son oreille.

- Oui... Oui je suis toujours là. En fait oubliez l'adresse, je passerais les prendre.
- D'accord. Quelles pizzas avez-vous choisit ?
- Quatre fromages... Quatre fromages et... Et Indienne.
- Très bien, ça sera prêt dans vingt minutes. A tout à/


Tom n'écouta pas la suite et balança le téléphone sur la table. Sortir prendre l'air lui ferait finalement le plus grand bien. Il chercha un instant le meilleur moyen de réapparaitre dans la pièce sans tomber une seconde fois sur son neveu en position plus qu'embarrassante bien que désagréablement dangereuse pour lui, et suivant la première idée qui lui traversa la tête, attrapa le premier verre qui lui tombait sous la main avant de le fracasser par terre. Le bruit du verre brisé résonna dans toute la pièce et il s'assura de jurer assez fort contre sa « maladresse » avant de prendre la balayette et ramasser le résultat lamentable de son manque d'imagination. Il mit ensuite le tout à la poubelle puis, patientant tout de même une minute de plus dans la pièce pour se forcer à adopter une allure normale et naturelle, pénétra dans le salon où Bill était sagement assis sur le canapé..

- J'ai commandé les pizzas mais ils avaient plus de livreur alors j'irais les chercher tout à l'heure, lança-t-il en reposant le téléphone sur son socle.

Bill acquiesça silencieusement et Tom reteint un sourire amusé d'étirer ses lèvres lorsqu'en se retournant il remarqua ses joues rouges et son regard fuyant.

- La cassette est finie ?
- Euh... ouais. Ouais elle vient juste de se terminer en fait
. Un sourire timide prit place sur son visage et il releva les yeux vers lui. Tu m'avais caché tes talents de danseurs.

Tom manqua de s'étrangler en respirant et repoussa très très loin l'image de son neveu se masturbant devant une vidéo de lui en train de danser.

- Il y a un tas de chose que tu ignores encore sur l'homme parfait qui te serres d'oncle, lâcha-t-il en se forçant à sourire de manière fière et prétentieuse.

Bill rit alors doucement et Tom se félicita intérieurement de réussir à sortir ce genre de conneries pour détourner l'attention. Et effectivement, Bill ignorait un tas de choses sur lui.

Choses que Tom se força mentalement à ne pas s'énumérer.

Il parcouru alors la pièce des yeux et son regard ne pu que tomber sur le canapé dans lequel Bill était assis. Canapé où il l'avait observé se toucher timidement, dans le noir, inconscient de sa présence, les yeux résolument fixé sur l'écran qu'il dévorait des yeux, la main dans le caleçon et...

- Bon ! Il frappa brutalement dans ses mains pour éviter de se mettre une claque et détourna les yeux du canapé. J'y vais.

Les pizzas n'étaient pas prêtes avant vingt minutes mais Tom ne se sentait vraiment pas apte à rester auprès de son neveu dans ce salon et sur ce canapé définitivement nuisible au bon fonctionnement de son système nerveux.

- Mais je... Maintenant ?!

Bill avait tourné la tête vers lui et le regardait avec des yeux interrogateurs. Tom fit mine de ne pas l'avoir entendu et prit rapidement son énorme veste blanche qui trônait sur un fauteuil. Plus vite il serait sortit et mieux se serait.

- Attends j'viens avec toi !

Tom leva les yeux au ciel et se retourna vers l'adolescent qui, ses chaussures déjà en main, s'afférait à enfiler ses lacets tout en cherchant sa veste des yeux.

- Bill je... Tu devrais pas sortir après ce qui t'es arrivé, chuchota-t-il en espérant secrètement qu'il n'insisterait pas pour l'accompagner.

Il avait besoin de se retrouver seul quelques minutes pour pouvoir réfléchir sérieusement à ce qu'il ressentait envers son neveu et la présence de Bill était définitivement à exclure s'il voulait tirer de cette balade nocturne de bonnes et sincères résolutions.

- J'ai pas l'intention d'arrêter de vivre à cause de ses connards, répondit-il sans même lever les yeux vers lui. Et puis j'ai vraiment envie de sortir avec toi.

Un violent blanc s'immisça dans la pièce et Bill releva lentement les yeux vers lui, l'air complètement embarrassé et les joues virant au rouge coquelicot.

- Enfin nan c'est pas... J'voulais pas dire ça, j'veux dire...

Tom ne pu alors s'empêcher de sourire et sentit un nouveau torrent d'attendrissement parcourir son c½ur. Bill était juste adorable. Et il secoua doucement la tête en lui faisant signe de se dépêcher. Au diable les bonne résolutions, il adorait tout bonnement passer du temps avec ce gamin bien trop tendre et trouva soudainement injuste de l'empêcher de l'accompagner à cause d'une simple peur irrationnelle.

Bill observa son oncle sortir du salon et se pinça légèrement les lèvres, incapable de choisir entre être heureux ou embarrassé. Il attrapa donc rapidement sa veste en cuire pour éloigner ces questions idiotes de son esprit mais grimaça soudainement lorsqu'il aperçu le tee-shirt cinq fois trop large et trop long qu'il avait emprunté à Tom et qu'il portait encore. Il eu la brève idée de remonter rapidement à l'étage pour se changer mais considéra successivement l'impatience de Tom, la douleur cuisante qu'il ressentirait en courant dans les escaliers et la bosse encore légèrement visible sous son jean. Cette dernière constatation le fit légèrement rougir et la solution s'imposa d'elle-même. Il enfila rapidement sa veste en cuire avant de sortir sur le perron où Tom l'attendait et où un de ses sourcils se releva malicieusement face à sa dégaine inhabituelle.
Bill baissa les yeux vers sa tenue et considéra avec léger embarras les vingt centimètres de tee-shirt blanc dépassant de sa minuscule veste noire.

- Si tu espère croiser l'homme de ta vie sur le chemin j'te conseille fortement d'aller te changer, à moins que le look clodo soit la nouvelle tendance du moment.

Le rire de Tom s'éleva doucement dans le silence de la rue et Bill lui frappa gentiment l'avant-bras en souriant avant de faire discrètement glisser son bras sous le sien. Ce geste lui valut une violente rougeur aux joues et il remercia intérieurement l'obscurité de cacher sa nervosité aux yeux de son oncle qui avait lentement cessé de rire en sentant son bras s'enrouler ni vu ni connu autour du sien.

- T'as pris de l'argent ?

La question de Bill n'en était pas une et sa voix était à peine plus audible qu'un murmure. Il n'osait pas détourner les yeux du gazon noir qui les entourait et pria secrètement le ciel pour commencer à marcher rapidement. Tom observa son air gêné avec amusement et resserra son bras contre ses côtes avant de se mettre à marcher. La question de Bill ne trouva donc aucune réponse mais aucun d'eux ne s'en formalisa, seul un sourire satisfait prit forme aux coins des lèvres de l'adolescent et c'est tout doucement qu'ils entamèrent leur ascension sur l'asphalte humide de la rue.

- Tu m'as toujours pas dit comment ça avançait entre toi et Thomas, lança naturellement Tom après quelques pas sur le bitume. Il te plait ?

Bill aurait pu être gêné ou mal à l'aise face à cette question, mais contre toute attente ce fut avec un sincère et grand sourire qu'il répondit à son oncle. Le fait de pouvoir parler si ouvertement de son homosexualité avec quelqu'un, et la façon naturelle qu'avait Tom pour en parler et pour le mettre en confiance lui réchauffait toujours le c½ur de la plus douce des manières et apaisait rapidement le malaise qu'il avait finalement toujours ressentit vis-à-vis de cette partie de lui.

- Nan je crois pas... Il tourna la tête juste assez tard pour manquer le sourire du blond et plissa les yeux en continuant. C'est vrai qu'il est pas moche mais j'arrive pas vraiment à le voir autrement que comme un ami tu vois ? Il détourna les yeux et continua un peu plus timidement. Par contre j'aime bien parler avec lui parce qu'il y a cette... je sais pas. Une sorte de tension qui me fait un peu frissonner, c'est bizarre...

Tom rit intérieurement de cette dernière réplique et resserra son bras autour de celui de l'androgyne.

- Ça c'est parce qu'il en pince carrément pour toi et que son désire est tellement flagrant que ça en devient presque palpable !

Bill sentit ses joues s'empourprer violemment et fronça les sourcils en fixant le sol.

- Tu dis n'importe quoi...

- Tu sais que j'ai raison, lança Tom en chuchotant de manière taquine et en lui administrant un léger coup d'épaule. Parce que c'est justement le fait que tu le ressentes qui créé cette tension si agréable. Si tu n'en avais pas été conscient tu aurais juste l'impression de parler avec n'importe qui. Hors tu l'as dit toi-même, il y a cette sorte de tension qui te fait... Comment déjà ? A oui ! Frissonné...

Le gloussement de son oncle ne fit qu'intensifier la rougeur de ses pauvres joues et c'est vexé de se faire analyser de manière si exacte qu'il se détacha brusquement de lui en lui administrant un énième coup dans le bras. Tom ne pu qu'en sourire d'avantage et c'est le regard plein de malice qu'il observa son neveu s'écarter de quelques mètres et marcher les bras croisés sur son torse, le regard résolument fixé sur le bitume et les sourcils froncés de s'être fait démasqué.

- Et puis même, ça change rien au fait qu'il me plait pas... maugréa-t-il doucement dans sa barbe inexistante. Il est mignon mais je serrais réellement incapable de faire quoi que ce soit avec lui...

- Et qu'est-ce qui t'en empêche ?


Le ton du blond avait perdu toute sa légèreté et Bill du tourner la tête vers lui pour apercevoir qu'il le scrutait de manière réellement sérieuse.

- Ba... Je sais pas, je... Il décroisa lentement ses bras et enfonça ses poings dans les poches de sa veste, soudainement un peu gêné de parler si sérieusement de ce qu'il n'avait pas encore approfondi lui-même. Je le connais pas assez et puis... j'en sais rien. Il n'y a pas que le physique qui compte, j'aurais besoin de me sentir en confiance pour expérimenter tout ce que je connais pas encore, et puis... nan, je pourrais pas.

Tom ne su alors pas vraiment quoi répondre et baissa finalement les yeux vers le sol, se disant qu'il aurait tout compte fait aimer penser comme son neveu à l'époque de ses quinze ans. Ses premières expériences dans le monde gay n'étaient pas vraiment un bon souvenir et il regretta soudainement de n'avoir pas su prendre le temps de trouver une personne de confiance pour expérimenter les joies du sexe.

- Tom ?

Tom tourna la tête vers l'adolescent et le vit fixer timidement ses basquets, sa longue tignasse brune cachant sciemment son visage.

- Tu crois que je devrais quand même... essayer ?

Tom du se rapprocher de lui pour parvenir à entendre distinctement ses timides chuchotements et lorsqu'il eut enfin comprit le sens de sa question, il attrapa brusquement son bras pour le tirer contre lui, le faisant légèrement sursauter alors qu'un sourire attendrit étirait ses lèvres.

- Soit pas pressé bonhomme, lança-t-il en passant son bras autour de ses épaules. Tu finiras bien par trouver un garçon sincère et digne de confiance qui aura prit le temps de te connaître... Et puis entre nous... ton Thomas là, il m'a l'air puceau comme pas permis et complètement coincé, je sais pas s'il t'aurais apporté grand-chose finalement...

Bill rit doucement de cette dernière réplique et laissa sa tête se poser contre l'épaule de son oncle avant de souffler lentement de désespoir.

- Ouais... N'empêche qu'à à cette allure je devrais toujours me contenter de ma main droite et à vingt ans je serais manchot et toujours puceau...

Le rire compatissant de Tom le fit légèrement sourire.

- T'es si frustré que ça ?

- T'imagine pas... C'est limite si elle se redresse pas au premier coup de vent
.

Tom partit alors dans un fou rire sans nom et Bill du bien vite le rejoindre, s'amusant lui-même de la vision désespérante qu'il donnait de lui.

- Tom te moque pas, j'suis super sérieux !

Tom se pinça les lèvres pour éviter de glousser de plus belle et se surprit à vraiment apprécier pouvoir partager ce genre de discutions avec son neveu. Plus les minutes passaient et plus il se rendait compte de sa spontanéité naturelle et de son humour pour le moins très agréable. L'autodérision ne semblait pas lui faire peur et Tom fut soudainement fier d'avoir un neveu si véritable. Bill n'était de ce genre d'ado complètement fermés d'esprit et pour qui blague idiote et délire enfantin riment avec gaminerie et manque de maturité. Il était juste franc et honnête. Et le c½ur de Tom fut de nouveau prit d'un grand frisson lorsqu'il le vit se retourner vers lui et le fixer de ses grands yeux rieurs, lui souriant de toutes ses dents avant de détourner une nouvelle fois le regard vers les pavillons.

- Au fait Tom...

- Humm ?

- T'es déjà tombé amoureux ?


La voix de l'adolescent était de nouveau voilée d'une curiosité lointaine et Tom dû réfléchir quelques secondes avant de répondre.

- Je crois pas...

- Tu crois pas
? Bill avait relâché son bras et le scrutait d'un air surprit mais amusé. En général on sait ce genre de choses.

- Disons que je suis jamais réellement tombé amoureux mais... Peut-être que ça s'en rapprochait beaucoup finalement.

- Comment elle s'appelait ?


Tom eu un sourire amusé et enfonça ses mains dans ses poches.

- Xavier.

Les jambes de Bill se stoppèrent subitement et Tom crut de nouveau pouvoir partir dans un fou rire monstre lorsqu'en se retournant il considéra la bouche de Bill, grande ouverte sous le choc de cette révélation.

- Je... Tu... / Mais... Bill semblait soudainement être témoin d'une danse ethnique de boudin blanc en slip de bain et le sourire de Tom ne s'en élargit que deux fois en s'imaginant la scène.

- Oui en effet...

Bill relâcha soudainement sa main qu'il pointait en direction de son oncle d'un air complètement ahuri et ferma lentement la bouche sous le sourire foutrement hilare de Tom.

- Xavier ?

- Xavier.

- T'es gay ?

- J'suis gay.

- Oh mon Dieu !

- Oh mon Dieu...

- Putain Tom arrête !


Tom se mordit les joues pour ne pas exploser de rire et comprit aux yeux de son neveu qu'il avait réussit à l'énervé. Ce dernier avança vers lui d'un air furieux et Tom vit ses sourcils se froncer sous la colère.

- C'est pas drôle je... Pourquoi tu me l'as jamais dit ?!

- Tu me l'as jamais demandé
.

Le blond avait toujours ses mains dans ses poches et regardait d'un air attendrit le visage véxé et irrité de son neveu qui ne semblait toujours pas s'en remettre.

- Putain j'y crois pas...

- C'est si difficile à croire ?


Mais Bill n'entendait déjà plus rien et ses yeux parcoururent silencieusement les prunelles homosexuelles de son oncle. Puis ses cils, l'arrête de son nez, ses lèvres... Homosexuelles. Homosexuel. Cette information semblait clignoter en lettre de feu à l'intérieur de sa tête. Tom était gay. Tom était comme lui. Tom aimait les hommes. Tom avait déjà surement...

- T'as déjà couché avec un homme ?

Et ce fut au tour de Tom de rester sans voix, la bouche grande ouverte sous le choc de la spontanéité de son neveu et de cette question pour le moins tout droit sortit du c½ur.

- Je... et bien, ouais. Enfin... évidemment.

Tom vit alors une lueur étrangère briller dans le regard de Bill et celui-ci s'avança vers lui avec dans la voix une assurance tremblante et pleine d'espoir.



____________________________________________

Enfin! xD

Je m'excuse encore pour l'attente mais quand l'inspiration n'est pas là,
y a rien à faire et ça peut vraiment durer longtemps! -_-''

Et sinon... Vos impressions? =)

Merci encore pour tout vos com's, je vous fais de gros bisous
et espère pouvoir rapidement entammer la suite pour vous
révéler les intentions du Billou^^

# Posté le lundi 06 juillet 2009 08:57

Modifié le samedi 05 septembre 2009 08:13